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Le violoniste amateur autodidacte
Tenue et maniement de l'archet
Recherche d'un son de qualité


[Voir aussi « Tenue du violon »]

Dernière modification de cette page : lundi 26 décembre 2016.
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 L'archet est aussi un instrument de musique. La qualité de l'archet est au moins aussi importante que celle du violon (voir la vidéo ci-contre).

 Toutefois, l'expression utilisée « faire sonner le violon » utilisée dans la vidéo ci-contre nous paraît mal choisie. À notre avis, la difficulté n'est pas tant de faire « sonner » son violon que de parvenir à obtenir une sonorité de qualité et en particulier des « pianissimos » satisfaisants. Voir les explications données plus bas .

 La bonne tenue et le bon maniement de l'archet sont les conditions premières à l'obtention d'un son de qualité. Visionner attentivement cette excellente vidéo de Renaud Capuçon  devrait être utile à la prise de conscience des caractéristiques d'une bonne tenue d'archet.
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Ami(e)s violonistes amateurs, ne nous décourageons pas et méditons cette humble déclaration (qui date de l'an 2000) de Renaud Capuçon  : « J'ai l'impression de juste commencer à sentir arriver le son dont je rêve, même s'il reste encore du chemin à parcourir. » (www.altamusica.com/entretiens ).

Longueur et poids d'un archet.

Un archet, pour un violon entier (4/4), mesure généralement 75 centimètres, de la pointe à la vis (environ 65 cm pour la mèche) et son poids est autour de 60 grammes. Pour un alto entier, la longueur est à peu près la même mais le poids est un peu plus élevé (autour de 70 grammes). 

  • Mécanique de l’archet de violon .
  • Modélisation statique de l'archet .
    N.B. Ces études savantes sont intéressantes mais, pour le violoniste qui recherche la qualité du son et la justesse, tout est surtout affaire d'oreille.

    Centre de gravité (point d'équilibre) de l'archet 

    Point de résonnance, recherche de la qualité optimale du son 

    Suggestion d'une méthode de travail pour améliorer la qualité du son 

    Trajectoire de l'archet 

    Ricochet - Sautillé 


  • Saisie de l'archet.

  • Avant tout, il faut avoir bien présent à l'esprit ce qu'a écrit Ivan Galamian (« Enseignement et technique du violon », page 72) : « Tous les doigts sont pliés de façon naturelle et détendue, aucune articulation n'est raidie et la souplesse qui en résulte doit permettre à tous les ressorts des doigts et de la main de fonctionner bien et facilement ». Il faut obtenir aussi que la main ait bien « la sensation du contact de la mèche et des cordes ».

  • La saisie de l'archet doit être un geste naturel et sans crispation dont rend très bien compte l'extrait de vidéo ci-contre qui provient d'un des premiers cours de « l'École de violon à distance » (E.V.D.) de M. Gilles Rabinovitch.
    N.B. Pour éviter toute confusion, précisons que le doigt nommé 4e doigt dans cette vidéo est en fait le 3e doigt c'est-à-dire l'annulaire : généralement, pour les violonistes, pour la main gauche comme pour la main droite, le pouce n'a pas de numéro et les autres doigts se numérotent de 1 à 4 : index, majeur (ou médius), annulaire, auriculaire (dit aussi « petit doigt »). C'est en tout cas ainsi qu'Ivan Galamian nomme les doigts dans « Enseignement et technique du violon ».

  • S'il n'est pas très difficile, quand on aborde une partition, de prendre correctement l'archet en main comme l'explique cette vidéo, ce qui pose souvent problème, c'est le fait que la tenue de l'archet risque, au détriment de la vélocité et de la sonorité que l'on obtient, de se dégrader à mesure que l'on avance dans le jeu de cette partition. Il faut donc réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour éviter cela.
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  • On peut avoir recours à des objets qui permettent des contrôles tactiles régulateurs (objets qu'on peut évidemment abandonner quand les bons réflexes sont solidement acquis). Ces procédés peuvent paraître relever des « trucs et astuces » mais ils se sont révélés néanmoins, pour ce qui nous concerne, utiles et efficaces.

  • On peut citer :
    • le « joint de plomberie » qui assure un contact (léger) avec l'index.
    • la « pastille adhésive de feutrine » qui assure un contact (léger) avec le majeur (ou médius).
    • la « balle de ping-pong » qui, par un contact global avec la main, facilite la bonne tenue de l'archet.
    • Citons aussi un accessoire appelé guide-archet .
    Le « joint de plomberie ».

  • Quand on doit jouer assez longtemps sans possibilité d'interruption permettant de repositionner correctement l'archet, la main peut avoir une fâcheuse tendance à se déplacer peu à peu, anormalement, vers la pointe de l'archet. Disposer sur le bois de l'archet au niveau de la « garniture » un joint en caoutchouc en forme d'anneau (la position exacte est à déterminer par le violoniste selon son ressenti) crée un point de contact utile avec l'index qui permet de mieux contrôler en permanence la position de la main.
    N.B. Ce joint en caoutchouc doit être le plus léger possible afin de ne pas modifier (rapprocher de la hausse) de façon importante le « point d'équilibre » de l'archet.
  •             
    N.B. Pour pouvoir mettre en place ce joint en caoutchouc (que l'on peut trouver dans tout magasin du genre « bricomarché »), il faut dissocier la hausse de la baguette après avoir dévissé complètement le bouton. Après avoir glissé le joint sur la baguette, on doit évidemment remettre la hausse en place et revisser le bouton.

    La « pastille adhésive de feutrine ».

  • Une « pastille adhésive de feutrine », appliquée sur la hausse, là où doit se trouver la phalange distale de l'annulaire, en donnant un contact léger mais sensible avec ce troisième doigt, peut contribuer à assurer une bonne tenue d'archet.
  • On peut acheter cet article chez www.marthy-destockage.com.
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    La « balle de ping-pong ».

  • Placée entre le pouce et la base de l'auriculaire (et non au creux de la main) et entourée par le pouce, une « balle de ping-pong » (ou une balle en mousse à peu près de même dimension, en vert sur la photo), qu'il faut s'efforcer de maintenir en place mais sans la serrer, permet de tenir l'archet à la fois avec fermeté et délicatesse et surtout de donner et de pérenniser une perception de la tenue de l'archet très proche de celle que l'on doit ressentir quand on joue sans cet artifice.
  •  

     Jouer « piano » ou « pianissimo ».

  • M. Gilles Rabinovitch explique (extrait MP3 ci-contre), dans une autre des premières vidéos de l'E.V.D., qu'un bon exercice consiste à faire en quelque sorte semblant de jouer en maintenant la mèche de l'archet au-dessus de la corde, le plus près possible de la corde mais sans la toucher. La sensation que l'on obtient est alors la même que celle que l'on doit obtenir quand la mèche ne touche que très légèrement la corde, comme ce doit être le cas pour un « pianissimo ».

  • Utilisation d'un « guide-archet ».

  • Il semble généralement plus facile au violoniste débutant ou encore peu expérimenté de jouer fort que de jouer doucement. La difficulté est surtout de jouer « piano » ou « pianissimo » en obtenant un son agréable, sans tressautements de l'archet. C'est pourquoi le mauvais réflexe spontané est souvent de jouer trop fort.

  • C'est certainement ce qui explique que jouer comme tuttiste pendant plusieurs années dans un orchestre symphonique amateur nous ait donné l'habitude regrettable, pour éviter de jouer trop fort, afin de ne pas risquer de couvrir le jeu du ou des solistes (et sans doute aussi par crainte plus ou moins consciente de produire quelque fausse note inopinée peu discrète), de placer l'archet toujours trop près et souvent même au-dessus de la touche. Un dépôt important de colophane sur la touche est l'indice de ce qui est sans doute pour nous un défaut exigeant remédiation (1).

  • Si l'on doit jouer dans un ensemble qui s'apparente à un quatuor à cordes (comme, par exemple, pendant le stage d'août 2015  où les musiciens étaient peu nombreux), il faut s'efforcer de ne pas jouer trop près de la touche. Il faut souvent, au contraire, se rapprocher du chevalet afin d'obtenir un son de meilleure qualité (voir plus bas la notion de « point de résonnance »).

  • Il existe un accessoire appelé guide-archet (le modèle « GEWA » peut-être acheté par exemple chez tasset.com ). Placé plus ou moins près du chevalet, il est censé permettre de donner à l'archet un parcours bien parallèle au chevalet. Prévu pour les débutants (mais nous pensons qu'il est à déconseiller à des enfants car son installation et sa désinstallation ne sont pas sans risque pour le violon), il peut aussi être utile à toute personne ayant un problème de positionnement de l'archet : il devrait permettre d'empêcher l'archet de se placer trop près ou au-dessus de la touche.
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  • Toutefois, les parties A et B de cet accessoire étant à notre avis trop rapprochées, travailler des exercices en plaçant l'archet comme représenté ci-dessus est très malaisé et il nous est apparu dans un premier temps que mieux valait écarter davantage le guide-archet du chevalet et travailler en positionnant l'archet entre le chevalet et la partie A. Cela empêche de jouer trop près ou au-dessus de la touche ce qui, en l'occurrence, est le but que nous recherchions. Cependant, quand on doit monter en position (disons à partir de la quatrième position), les extrémités des deux glissières latérales empêchent les doigts de se poser correctement.

  • Modification du guide-archet : nous avons pris la décision de supprimer la partie A (deux petits coups de scie ont suffi) et de ne conserver que la partie B : voir schéma . Cette modification a rendu à notre avis le guide-archet plus facile à utiliser, sans diminuer son efficacité et en supprimant le risque d'abîmer l'archet. En utilisant de temps en temps ce guide-archet modifié, pour des exercices qui n'exigent pas d'avoir les yeux fixés sur une partition, on peut espérer acquérir une meilleure maîtrise de la position de l'archet entre touche et chevalet.

  • (1) Cependant, s'interdire systématiquement de jouer près ou au-desssus de la touche serait une erreur. Certains bons violonistes peuvent jouer ainsi assez longtemps. Voir par exemple la photo ci-contre de David Oïstrakh  et la vidéo correspondante  (remarquer sur la touche ce qui semble bien être une trace blanchâtre de colophane).
    Voir aussi cette photo  d'un autre bon violoniste (Guido de Neve).
    Voir aussi cette belle prestation  d'Ivry Gitlis .


    N.B. Le musicien est souvent partagé entre deux nécessités apparemment contradictoires : celle de connaître et d'appliquer des règles de base et celle d'y déroger quelquefois quand cela lui semble utile.
    Le 24 mai, on fête  saint Donatien et saint Rogatien . Ce pourrait être d'une certaine façon le jour des apprentis violonistes. « Rogatio » renvoie à la règle (rogatio = demande d'approbation d'un projet de loi adressée au peuple romain dans l'Antiquité) et « donatio » au don   (inclination naturelle pour quelque chose).
    Plus prosaïquement, l'important, à notre avis, est d'assumer son choix en pleine conscience : ce que l'on fait ne devrait jamais résulter du hasard ou de l'ignorance.

       

     Jouer « forte ».

  • C'est (faut-il le rappeler ?) le déplacement de la mèche de l'archet sur les cordes qui crée le son. Inconsciemment, quand il doit jouer plus fort, l'apprenti violoniste a souvent tendance à presser exagérément sur l'archet, au risque de provoquer des grincements détestables. Pour obtenir un « forte », il convient (quand c'est possible(2)), d'augmenter la vitesse de l'archet, sans nécessairement appuyer davantage. Plus on doit jouer fort, plus le déplacement de l'archet doit être rapide et, par voie de conséquence, plus on doit utiliser (donc prévoir) de longueur d'archet. Mais (surtout près de la pointe, pour éviter que l'archet ne tressaute), il faut quand même appuyer avec l'index sur la baguette.
  • Un exemple : chaque mesure de la page 5 de la 2e étude du 2e cahier des études de Pierre Doukan comporte deux croches liées (troisième et quatrième note de chaque mesure) et la deuxième croche de cette liaison est accentuée. On obtient cet accent en utilisant, pour cette deuxième croche, plus d'archet que pour la première. Autrement dit, l'archet doit se déplacer plus rapidement pour la croche qui est accentuée.
  •      

  • (2) Il n'est pas toujours possible d'augmenter la vitesse de l'archet. Comment jouer « forte » quand la vitesse de l'archet est nécessairement lente ? Par exemple, lorsqu'on doit jouer douze ou seize notes dans un même coup d'archet. La solution pour pouvoir jouer « forte » (alors qu'on ne peut guère augmenter la vitesse de l'archet car il faut bien caser toutes les notes) est d'augmenter la pression de l'archet pour avoir du son (en adoptant une position de la main qui puisse transmettre cette pression à la baguette par l'intermédiaire de l'index) et en recherchant (voir plus bas) le « point de résonnance » (l'emplacement optimal de l'archet) près du chevalet pour obtenir la meilleure sonorité possible.
    Exemple de bon exercice : 19e étude du 2e cahier (voir études de Pierre Doukan).

     Point de résonnance. Recherche de la qualité optimale du son.

  • Le jeu des nuances et l'obtention d'un son de qualité résultent de la combinaison de trois facteurs essentiels : vitesse de l'archet, pression de l'archet et position de la mèche par rapport au chevalet. Ivan Galamian, dans « Enseignement et technique du violon », appelle « point de résonnance » ce troisième facteur. Il en donne une définition qui ne peut être qu'empirique : « le point où l'archet doit entrer en contact avec la corde pour obtenir le meilleur son possible ». Le « point de résonnance » (avec deux ou un seul n ) est donc la position optimale de l'archet par rapport au chevalet. Il change de place quand la pression et la vitesse de l'archet varient. Et, à vitesse et pression égales, la position du « point de résonnance » varie avec la corde sur laquelle on joue. Elle est plus près du chevalet sur la corde Mi (fine) que sur la corde Sol (plus épaisse) et il faut jouer plus près du chevalet dans les positions hautes. Si la vitesse de l'archet augmente (à pression égale) ou si la pression de l'archet augmente (à vitesse égale), le « point de résonnance » se déplace vers le chevalet. Autrement dit, plus on joue « forte » et aigu, plus on doit rechercher le « point de résonnance » près du chevalet. Plus on joue « piano » et grave , plus le « point de résonnance » se déplace vers la touche. Pour des « pianissimos », surtout sur la corde Sol, on doit même, exceptionnellement, jouer au-dessus de la touche.

  • Suggestion d'une méthode de travail pour améliorer la qualité du son : utiliser une sourdine  (en alternance avec le jeu sans sourdine).

  •  Obtenir « le son dont on rêve »...

  • Cependant, s'il faut connaître un certain nombre de principes et y réfléchir, il est impossible de prévoir à l'avance exactement ce qu'il convient de faire à un moment donné pour obtenir le son idéal. La déclaration (en haut de cette page) de Renaud Capuçon laisse penser que même les virtuoses confirmés sont toujours en recherche du son dont ils rêvent (et c'est sans doute avant tout parce qu'ils étaient capables de nourrir un tel rêve qu'ils sont devenus ce qu'ils sont).
    N.B. Dans cette vidéo, on peut observer que l'archet est toujours (ou presque toujours) plus près du chevalet que de la touche. Mais notons aussi l'obliquité variable de l'archet par rapport au chevalet (voir plus bas « Trajectoire de l'archet »).

    Ivan Galamian a aussi écrit (page 89) : « L'interprète ne peut calculer à l'avance... le meilleur équilibre entre fermeté et souplesse, ni la dose exacte de pression musculaire, ni le poids précis à donner au bras et à la main... Ce qui importe, c'est que tous les ressorts soient en bon état de marche et s'adaptent aux différents degrés de souplesse voulus et que tout le bras fonctionne comme une unité organique. Ensuite, l'imagination musicale, la recherche de certains sons, l'oreille qui écoute attentivement et guette les résultats satisfaisants, tout cela mettra en marche les facteurs qu'il faut. Pour trouver ce qu'il faut faire, l'acuité de l'écoute devient donc d'une importance capitale ».
                                                   

  • Ivan Galamian propose (pages 90 et suivantes) des exercices pour apprendre à localiser, garder et changer si nécessaire le bon « point de résonnance » (position optimale de l'archet par rapport au chevalet). Mais il précise : « Tant de facteurs entrent en jeu qu'il peut sembler impossible de trouver le bon point de résonnance à un moment précis. Pourtant... la solution est encore très simple pour ceux qui ont un bon appareil technique, une bonne oreille et un bon instinct musical. Ces instrumentistes-là arrivent à un degré de compétence où ils trouvent le bon point de résonnance instinctivement en tâtant plus ou moins près du chevalet ».

  • Comme évoqué plus haut, pour ce qui est de notre cas personnel (mais nous ne sommes sans doute pas un cas isolé), nous avons acquis la conviction que nous devons veiller (sauf recherche exceptionnelle d'un son très faible) à ne pas jouer trop près de la touche ou sur la touche. De façon générale, s'efforcer de rapprocher la mèche du chevalet donne un son plus dense et de meilleure qualité. Et cela contraint à adopter un mouvement plus esthétique du poignet qui assure, en début de poussé et en fin de tiré, quel que soit l'emplacement de l'archet où l'on se trouve (pas seulement au talon et à la pointe), une transition sonore de meilleure qualité.

  • Plus loin (page 93), Ivan Galamian rappelle qu'« une certaine pression et une certaine vitesse déterminent la localisation du point de résonnance pour une note ». Mais il précise que « le plus souvent, l'interprète a le choix entre plusieurs possibilités pour combiner les facteurs de base. Ces choix découlent des divers styles de production du son... Chaque type correspond à une nature et à une couleur de son différentes ».

  • Pour chacune des notes que l'on doit jouer, la vitesse de l'archet, la pression de l'archet, la position de la mèche par rapport au chevalet doivent idéalement être optimales. C'est ce vers quoi il faut tendre...

              
    Écoutons par exemple cet enregistrement MP3 de Thibault Noally interprétant le premier mouvement (allemande) de la deuxième partita pour violon seul (BWV 1004), en Ré mineur, de Jean-Sébastien Bach (émission du 16 septembre 2014, vers 9 H 20 sur France Musique).
    Rappel de l'adresse internet de France musique : www.francemusique.fr/player
    Voir la partition
         
              
    On peut voir la vidéo d'une autre interprétation de cette partition sur 'Youtube' et écouter ci-contre son enregistrement MP3.

    Voir et écouter aussi Frédéric Pelassy interprétant le dernier mouvement (Chaconne) de cette même partita pour violon seul : www.youtube.com/watch?v=81XOyXQmkYE

    N.B. On peut acheter les partitions « Sonates et Partitas » par exemple chez sheetmusicplus.com.
         


  •  Trajectoire de l'archet

  • Quand on commence à jouer du violon, on doit avant tout apprendre à maintenir bien droite et parallèle au chevalet, la trajectoire de l'archet, du début jusqu'à la fin d'un poussé ou d'un tiré. La difficulté est qu'interviennent trois articulations : l'épaule, le coude, le poignet. Il faut donc transformer ce qui serait des arcs de cercle en un parcours rectiligne. Si le jeu de l'une de ces trois articulations est incorrect, on se retrouve avec un archet de travers qui produit des sons indésirables.

  • Cependant, si l'on observe un bon violoniste (revoir par exemple la vidéo sur 'Youtube' de Renaud Capuçon), on constate que l'archet est rarement rigoureusement parallèle au chevalet : il forme généralement un angle, plus ou moins prononcé, avec le chevalet (la pointe plus vers la touche et le talon plus vers le chevalet et jamais l'inverse). Cela s'explique si l'on comprend que l'archet se comporte comme un levier : si l'on ne laisse agir que le poids de l'archet, sans augmenter volontairement la force exercée sur les cordes, la pression de l'archet est naturellement plus forte au talon qu'à la pointe. Le « point de résonnance » est donc un peu plus près du chevalet quand on est au talon et plus près de la touche quand on est à la pointe. Il faut donc jouer plus près du chevalet au talon et plus près de la touche à la pointe. C'est ce qu'Ivan Galamian confirme (page 92) : « ...on obtiendra un son meilleur si l'archet fait un très petit angle avec le chevalet - la pointe un peu plus vers la touche et la hausse plus vers le chevalet. L'archet tourne alors à peine dans le sens des aiguilles d'une montre. Cet angle ne change pas, que l'on pousse ou que l'on tire... L'archet fait le même chemin, que ce soit en tirant ou en poussant... C'est à l'oreille de juger quelle inclinaison donner et quand la donner ». De ce point de vue, travailler par exemple la 2e étude du 2e cahier (pages 2 et 3 en particulier, liaisons par 3 et par 6) est intéressant. Citons aussi les deux premières pages de la 10e étude du 2e cahier : on obtient un son plus agréable pour les notes en détaché, surtout pour les cordes Sol et Ré, en tirant et en poussant l'archet de façon nettement oblique. Mais c'est un avis personnel qui tient peut-être à la qualité (qui est... ce qu'elle est) de l'instrument avec lequel nous jouons.

  • D'autre part, la pression de l'archet étant naturellement (comme dit plus haut) plus forte au talon qu'à la pointe, il peut être conseillé de diminuer le nombre de crins en contact avec la corde quand on va vers le talon et de l'augmenter à mesure que l'on va vers la pointe. Cela apporte une amélioration très sensible du son et, près de la pointe, la mèche de l'archet étant bien à plat sur la corde, même en caressant la corde sans aucune pression autre que le poids de l'archet, on évite plus facilement le tressautement redoutable de l'archet. Ensuite, quand on se rapproche du talon, on fait tourner progressivement sur elle-même la baguette avec la main dans le sens des aiguilles d'une montre (et dans le sens inverse quand on revient vers la pointe).

    Ce mouvement de rotation sur elle-même de la baguette est bien visible par exemple dans le jeu de Maxim Vengerov  dans l'extrait de vidéo ci-contre et également dans le jeu de Mari Samuelsen  dans l'été de Vivaldi ). Voir en particulier le début du premier mouvement (allegro non troppo) dans cette vidéo de 'Youtube' .
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  • Voir aussi cette vidéo didactique de 'Youtube'  : si l'on doit incliner la baguette vers la corde, cela doit toujours se faire du côtè de la touche (rotation de la baguette dans le sens des aiguilles d'une montre). Cette vidéo explique pourquoi et comment éviter de jouer en tenant la baguette inclinée vers la corde dans l'autre sens (c'est-à-dire du côté du chevalet).

     N.B. Un « truc » personnel qui peut être utile : de façon générale (sauf exceptions), quand nous commençons un tiré au talon ou près du talon, nous plaçons obliquement (plus ou moins) la mèche de l'archet et, quand nous commençons un poussé à la pointe ou près de la pointe, nous plaçons la mèche bien à plat sur la corde. Cette habitude que nous nous sommes efforcé d'acquérir semble avoir apporté une certaine amélioration de la qualité du son que nous obtenons. Au cours du poussé ou du tiré, la rotation de la baguette se fait alors tout naturellement dans le bon sens, sans qu'il soit vraiment nécessaire d'y penser. C'est le constat que nous avons fait pour nous même. À chacun d'essayer...
    Dans le cas d'une suite assez rapide de doubles ou triples croches en détaché (voir par exemple les mesures 31 à 51 et 90 à 110 de l'Allegro non molto de la partition Violon 1), on utilise peu d'archet et on obtient (à notre avis) un son meilleur en jouant avec la mèche bien à plat (et sans appuyer) quelle que soit la place de l'archet entre talon et pointe.


  • Bien observer aussi, dans la vidéo ci-contre de Mari Samuelsen  (jeu des mesures 21 à 30), le mouvement exemplaire de l'archet que nous devons nous efforcer d'imiter : pendant le silence (demi-soupir), on soulève l'archet puis on l'immobilise un court instant sur la corde sans appuyer, en s'interdisant tout bruit parasite, avant de jouer les deux doubles-croches par un mouvement (tiré) plus ou moins rapide (donc en utilisant plus ou moins de longueur d'archet, mais sans appuyer) selon l'intensité du son que l'on désire obtenir (et un peu plus d'archet pour la première double-croche si l'on veut l'accentuer légèrement). Toute la difficulté est de bien respecter ces trois temps successifs : soulever l'archet, le poser silencieusement, jouer les doubles-croches (et la croche qui suit).
  •   Voir la partition Violon 1
      Voir la partition Violon 2
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  • La vidéo précédente montre comment Mari Samuelsen  démarre la note en douceur en posant l'archet sans bruit et sans appuyer mais en le tirant rapidement.



  • Dans l'extrait de vidéo ci-contre (concerto en la majeur de Mozart, après l'introduction) [voir la vidéo complète ], Anne-Sophie Mutter  pose également l'archet sans bruit mais le début de la note est joué avec vigueur (« attaque » par pression sur la baguette).
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  • À ces deux façons de démarrer une note, on peut ajouter celle qui consiste à faire atterrir l'archet comme un avion, sans l'immobiliser sur la corde. La difficulté est ici de démarrer la note au moment précis que l’on souhaite : il faut parfaitement anticiper les quelques centimètres où l’archet n’est pas posé.

  • Pour cette troisième option, voir par exemple l'extrait de vidéo ci-contre (début de la Chaconne de J.S. Bach interprété par Ivry Gitlis ) [voir la vidéo complète ].

  • Il faut s'exercer à bien maîtriser ces trois options mais il convient évidemment de choisir ce qui convient le mieux, musicalement, à la partition que l'on doit jouer.
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  • À noter aussi que l'impression que ressent visuellement le violoniste quant à l'obliquité de l'archet par rapport au chevalet peut différer de la réalité. Il se peut (c'est notre cas personnel), alors que la trajectoire est réellement parallèle au chevalet, qu'on ait l'impression que l'archet est oblique (la pointe plus près de la touche). C'est probablement variable avec la morphologie de chaque violoniste (longueur des bras ? angle de vision ?). Il faut apprendre à en tenir compte. Mais c'est l'oreille avant tout qui doit être juge.

  •  Contrôle de la tenue de l'archet

  • On peut lire avec profit les pages qu'Ivan Galamian a consacrées à la question de la tenue de l'archet (« Enseignement et technique du violon », chapitre trois, la main droite, à partir de la page 68).

  • Pour notre part, les conseils quant à la façon de bien tenir l'archet, donnés par les professeurs de violon successifs que nous avons eus, nous sont souvent apparus assez différents les uns des autres et parfois même ponctuellement contradictoires.

  • L'exemple du quatrième doigt (petit doigt ou auriculaire) est assez significatif.

    - Un professeur de violon nous a déclaré sans ambages que « le petit doigt ne sert à rien » et qu'il n'y a pas lieu de s'en préoccuper : le placer sur la baguette, d'une façon ou d'une autre, ne servirait souvent, selon lui, qu'à « frimer » et à « faire joli » et « mieux vaut le laisser en l'air ». En fait, dans certains cas, il a sans doute raison et soulever le petit doigt peut rendre le jeu de l'archet plus aisé. Dans ce cas comme pour bien d'autres, au violon, il n'y a pas de règle absolue à laquelle il faudrait se conformer aveuglément.

    - M. Gilles Rabinovitch explique aussi dans l'une des leçons de son « École de Violon à Distance » qu'il se peut que le petit doigt ne touche pas la baguette quand on joue à la pointe mais que cela ne pose aucun problème : si l'on a un auriculaire assez court, il est normal qu'il se soulève naturellement en fin de tiré.

    - On peut acheter sur Internet un objet (en rose sur la photo ci-contre) qui permettrait d'apprendre à bien positionner le petit doigt sur l'archet. Mais il nous semble que cette recommandation précise d'Ivan Galamian peut suffire : « On place le bout du quatrième doigt non pas sur le dessus de la baguette, mais sur le côté intérieur de l'octogone, en touchant la partie plate proche du dessus ». À notre avis (voir remarque en grisé plus loin), l'intérêt de cette position du petit doigt est qu'elle permet d'opposer une résistance à la légère pression exercée vers l'intérieur par l'annulaire, ce qui contribue à la stabilité de l'archet.
      

    Position du petit doigt

  • On trouvera sur 'Youtube' des vidéos didactiques sur la tenue de l'archet qui sont plus ou moins en contradiction. Au moins une vidéo affirme par exemple que l'index et le majeur doivent être accolés l'un à l'autre, ce qui n'est pas ce qui est généralement recommandé : Ivan Galamian a écrit ceci (page 72) : « Sur le dessus de la baguette, les quatre doigts doivent être espacés »... Mais il est vrai que, naturellement, l'index et le majeur se placent près l'un de l'autre (mais sans être vraiment accolés).

  •  Définir sa « tenue d'archet personnalisée ».

  • Ce qui précède laisse penser que chaque apprenti violoniste peut dans une certaine mesure adapter sa façon de tenir l'archet à son propre cas (morphologie, plus ou moins grande souplesse des articulations, sensibilité neuro-musculaire, voire goût personnel subjectif d'une certaine élégance...).

  • L'idée que nous proposons (et que nous nous sommes appliquée) est de s'efforcer de définir (en jouant par exemple les études progressives de Pierre Doukan qui constituent le travail envisagé sur ce site internet) la tenue d'archet permettant d'obtenir la sonorité la plus belle possible. Chaque apprenti violoniste doit expérimenter en s'écoutant bien afin de définir, pour lui-même, ce qui pourrait être appelé la « tenue d'archet personnalisée » qu'il pourra adopter dans la plupart des cas. Tout en sachant qu'ultérieurement, il pourra être nécessaire d'y apporter les modifications adaptatives que peut rendre nécessaire le jeu de tel ou tel passage d'une partition plus sophistiquée (en particulier pour certaines études des derniers cahiers).

  • Il faut donc s'efforcer de définir une liste de consignes conçue comme un outil de travail personnel. Pour notre part, nous avons établi une liste de sept consignes.

  • Cette liste pourra être remise en mémoire avant toute exécution d'une partition mais la difficulté tient au fait qu'il n'est guère possible de penser attentivement tout en jouant à sept éléments en même temps. On pourrait donc limiter la liste aux seules consignes que l'on a tendance à oublier et qui peuvent expliquer que le résultat ne soit pas toujours ce qui est espéré.

  • On peut aussi décider, à chaque fois que l'on se met à jouer, de focaliser particulièrement son attention sur une ou deux consignes seulement (sans oublier cependant complètement les autres). On s'attachera par exemple pour commencer à la position du pouce et du majeur. Puis, à la séquence suivante, on veillera à bien contrôler la position de l'annulaire et celle du petit doigt, puis celle de l'index, etc. Ainsi, on pourra espérer que toutes les composantes d'une bonne tenue d'archet finiront par devenir des réflexes, inconscients et naturels.

    Liste complète des sept consignes retenues :

    1. Vérifier que le pouce se trouve (de façon souple comme l'explique la vidéo en haut de cette page) sur la « poussette » (quelquefois écrit « poucette »).

    2. Vérifier que le 1er doigt (index) se place, à peu près au niveau du milieu de la 2e phalange, sur la garniture de la baguette, le doigt étant normalement allongé (ni replié ni exagérément tendu). Si le « joint de plomberie » a été mis en place, l'index doit pouvoir prendre contact avec lui.
    N.B. La position du « joint de plomberie » est à déterminer par le violoniste en fonction de son ressenti. On peut le placer comme représenté sur l'image ci-contre (le contact est alors discret) mais on peut aussi le mettre plus bas, de façon à ce que l'index le recouvre.

    3. Vérifier que le 2e doigt (majeur ou médius) se place sur la « poucette » au niveau de l'articulation de la 1ère et de la 2e phalange et que la 1ère phalange peut être aisément mise en contact avec l'extrémité du pouce.

    4. Vérifier que le 3e doigt (annulaire) est en bonne position (vérification par un léger contact avec la pastille adhésive de feutrine, si celle-ci a été mise en place).

    5. Vérifier que le 4e doigt (auriculaire ou petit doigt) est placé de façon optimale. Rappel : selon Ivan Galamian, « on place le bout du quatrième doigt non pas sur le dessus de la baguette, mais sur le côté intérieur de l'octogone, en touchant la partie plate proche du dessus ».
     
    REMARQUE : la légère pression exercée vers l'intérieur par l'annulaire au niveau de la pastille de feutrine doit trouver une résistance exercée vers l'extérieur par l'auriculaire, si ce dernier est bien placé, comme le précise Ivan Galamian, sur le côté intérieur de l'octogone.

    Il est bon à notre avis de s'exercer à bien ressentir et prendre conscience de ces deux forces antagonistes latérales qui, bien que discrètes, contribuent à la stabilité de l'archet.

    6. Vérifier que les doigts ne sont pas serrés l'un à l'autre mais espacés.

    7. Vérifier que la main maintient bien l'archet mais sans le serrer (les doigts sont sur la baguette mais ne l'enveloppent pas). Jouer de temps en temps en ayant remis en place la « balle de ping-pong » peut être utile.

  • S'attacher, à chaque fois que l'on joue du violon, au respect des consignes que l'on aura retenues, en traquant sans complaisance toute mauvaise position des doigts (ou de la main dans son ensemble) provoquant un son désagréable, se révélera certainement utile pour l'éradication des mauvaises habitudes et la mise en place de bons réflexes.

  • Le résultat auquel il faut parvenir (cela peut demander du temps : l'apprentissage du violon est une école de patience) est de réussir à percevoir de temps en temps, tout en jouant, sans y penser volontairement, (c'est-à-dire grâce à des réflexes qui finissent par se créer), de façon discrète mais sécurisante, les contacts régulateurs du pouce (avec la « poucette »), de l'index (avec le « joint de plomberie »), du majeur (avec l'extrémité du pouce), de l'annulaire (avec la « pastille de feutrine »), de l'auriculaire (avec la face plane de l'octogone dont parle Ivan Galamian).

  •  Tenue particulière de l'archet (exercice).

  • Si l'on obtient un son trop « serré » en raison d'une trop grande fermeté des ressorts des doigts de la main droite, Ivan Galamian recommande (page 94) un exercice intéressant en trois étapes :
    1.  « Jouer un trémolo rapide et léger à coups d'archet très courts près de la pointe, l'index et le pouce seuls tenant l'archet, les autres doigts n'ayant aucun contact avec lui » afin d'obtenir un assouplissement de la main et des doigts.

    2.  « Passer à un coup d'archet détaché dans la partie haute de l'archet, toujours tenu par l'index et le pouce ».

    3.  « Remettre les autres doigts sur l'archet, sans pression, en continuant le détaché et en se concentrant sur la qualité chantante du son ».
  • N.B. Cet exercice est aussi très utile pour améliorer la qualité d'un pianissimo.

  •  Pour espérer devenir un bon violoniste, il faut aussi savoir « jouer des coudes ».   

    Le robot japonais qui joue du violon a bien été programmé pour satisfaire à cette exigence.

    Le coude gauche, pour assurer la justesse, doit être à sa position optimale sous le violon de telle façon que les doigts soient toujours bien à l'aplomb de la corde sur laquelle ils doivent se poser. Voir la page travail_justesse.html.

    Le coude droit, tant qu'on joue sur une même corde, doit être maintenu à la même hauteur, du talon jusqu'à la pointe et de la pointe jusqu'au talon, afin que la mèche ne touche pas la corde voisine. Le coude droit, quand on joue sur la corde Mi, doit être très proche du corps. Il est plus haut quand on joue sur le La, plus haut encore sur le Ré et encore plus haut sur le Sol.
      N.B. Il est souvent recommandé par les professeurs de violon, en fin de « poussé », quand on doit revenir bien complètement jusqu'au talon, d'orienter le poignet progressivement « vers le nez ». Mais cette façon d'exprimer cette recommandation nous paraît pédagogiquement contestable car, au stade qui peut être encore celui de l'apprentissage, il faut surtout penser, pour cette technique comme pour d'autres, au moment où on l'exécute, au résultat que l'on recherche et non à ce qui peut apparaître fallacieusement trop directement comme le moyen à mettre en œuvre pour l'obtenir.

      Comme dit plus haut, pour ce qui est de notre cas personnel, nous avons acquis la conviction que nous devons veiller (sauf recherche exceptionnelle d'un son très faible) à ne pas jouer trop près de la touche ou sur la touche (ce qui est souvent pour nous une tentation de facilité qui n'est pas sans conséquence négative sur la qualité du son). De façon générale, s'efforcer de rapprocher la mèche du chevalet donne un son plus dense et de meilleure qualité. Et cela contraint à adopter un mouvement plus esthétique du poignet qui assure, en début de poussé et en fin de tiré, quel que soit l'emplacement de l'archet où l'on se trouve (pas seulement au talon et à la pointe), une transition sonore de meilleure qualité.
    Maintenir l'archet jusqu'au talon bien droit dans sa trajectoire (en n'éloignant jamais trop la mèche du chevalet) a bien pour corollaire ce mouvement du poignet, si esthétique par exemple chez Julia Fischer (photo ci-contre extraite d'une vidéo de 'Youtube').

    Mais c'est le résultat à obtenir (maintenir rectiligne la trajectoire de l'archet) qu'il faut bien avoir présent à l'esprit plutôt que le mouvement à donner au poignet. Si l'archet reste bien droit (et si l'on ne joue pas trop loin du chevalet) et si le coude demeure bien (tant qu'on est sur la même corde) à la même hauteur, le bon mouvement du poignet se produit sans qu'on ait besoin d'y penser : l'angle que fait le poignet avec l'avant-bras se modifie progressivement tout naturellement. C'est le mauvais réflexe qui consiste à s'opposer à l'exécution de ce mouvement du poignet qui a tendance à faire dévier l'archet de sa trajectoire rectiligne et qui provoque plus ou moins inconsciemment une montée compensatrice anormale du coude qu'il faut éviter parce que l'élévation du coude, contrairement au mouvement du poignet, risque de produire un son peu agréable et de provoquer un effleurement parasite de la corde voisine.
        

         
    N.B. La photo ci-contre montre qu'en fin de tiré, si l'on maintient bien rectiligne la trajectoire de l'archet (et si l'on ne joue pas trop loin du chevalet), le poignet se « casse » progressivement, tout aussi naturellement, dans l'autre sens.

    La vidéo ci-dessous (qui fait partie d'une des premières leçons de l'École de Violon à Distance) explique (entre autres choses) comment utiliser toute la longueur de l'archet. C'est indispensable par exemple si l'on doit lier 12 notes (ou davantage) dans un même coup d'archet. Il faut bien étendre le bras droit en fin de tiré et remonter le plus haut possible au talon en fin de poussé. Les deux mouvements du poignet décrits précédemment interviennent. Attention à ne pas s'y opposer, consciemment ou non.
     

    C'est la qualité de ce mouvement aller-retour complet de l'archet, du talon à la pointe et de la pointe au talon, avec transition en douceur, qui fait souvent défaut aux violonistes amateurs (à commencer par notre propre cas). Il est difficile à obtenir. Il faut penser à bien finir le mouvement en fin de tiré comme en fin de poussé avant d'amorcer le mouvement inverse. Certaines études de Pierre Doukan permettent de travailler cela. Par exemple, les pages 3-4 (liaisons par 6) et 5-6 (liaisons par 12) de la 7e étude du 2e cahier (mais il y en a d'autres, à partir du premier cahier). Jouer plusieurs fois en boucle plusieurs mesures consécutives avant de passer aux suivantes est assez efficace. Il peut aussi être utile de bien observer, sans mettre le son, la vidéo sur 'Youtube' de Renaud Capuçon.

    Un principe de base

    Cette vidéo didactique rappelle aussi un principe important à ne pas oublier : « le coude droit doit être à la même hauteur que la mèche ».

    Mais il nous semble que ce principe peut être utilement complété par des directives plus précises.

    La difficulté est de réussir à maintenir le coude droit à la même hauteur tant qu'on joue sur une même corde : il faut apprendre à résister à une certaine tentation qui tend à faire adopter une modification progressive de la hauteur du coude d'une corde à l'autre alors qu'il doit s'agir de paliers, sans transition. Si l'on constate une tendance fâcheuse à effleurer de temps en temps la corde voisine de celle sur laquelle on doit jouer, cela peut être dû à cette « tentation », mais aussi à une mauvaise perception de l'angle que doit avoir, pour chacune des cordes, l'archet avec l'horizontale.
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    En observant jouer un bon violoniste ou en s'observant soi-même attentivement jouer devant un miroir, on peut constater que le talon de l'archet s'élève quand on passe du Mi au La puis au Ré puis au Sol mais aussi que l'archet ne devient jamais horizontal : même sur la corde Sol, le talon est plus bas que la pointe. Ces constatations peuvent paraître une évidence mais l'expérience montre qu'il n'est pas inutile de les avoir présentes à l'esprit.

    Ce qui est ressenti quand on joue (sans miroir) peut être différent : on peut avoir l'impression que l'archet devient à peu près horizontal quand il passe sur la corde Ré et qu'il « plonge » carrément vers la gauche quand il passe sur la corde Sol. Par conséquent, puisqu'il est évidemment impossible de jouer en permanence devant un miroir et que la seule référence pouvant guider le violoniste (sous le contrôle permanent de l'oreille) est l'impression qu'il ressent, il est important pour lui qu'il réussisse à affiner et à mémoriser la perception kinesthésique de la bonne hauteur du coude droit, pour chacune des quatre cordes.

    Le travail en boucle des deux phrases musicales ci-dessous peut permettre d'apprendre à bien positionner l'archet sur les cordes sans effleurer la corde voisine (voir partition imprimable ).




    Il peut être jugé nécessaire (au moins tant que les bons réflexes ne sont pas définitivement en place) de penser :
    • à placer le coude droit près du corps quand on joue sur la corde Mi ;
    • à élever le coude droit quand on passe de la corde Mi à la corde La, de la corde La à la corde Ré, de la corde Ré à la corde Sol (et inversement à l'abaisser de même, par palier, du Sol au Ré puis du Ré au La puis du La au Mi) ;
    • à obtenir l'impression que l'archet devient à peu près horizontal quand on passe sur la corde Ré ;
    • à obtenir l'impression que l'archet « plonge » vers la gauche quand on passe sur la corde Sol ;
    • à bien maintenir le coude à la même hauteur tant qu'on reste sur une même corde.
    De plus, pratiquement, comme on doit rarement jouer très longtemps sur une même corde, pour faciliter les changements de corde (surtout dans les passages rapides) :
    • quand on joue sur la corde Mi, la mèche doit être près du La ;
    • quand on joue sur la corde Sol, la mèche doit être près du Ré ;
    • quand on joue sur la corde La, la mèche doit être soit près du Mi soit près du Ré ;
    • quand on joue sur la corde Ré, la mèche doit être soit près du Sol soit près du La.
    Remarque importante : pour que deux notes successives sur deux cordes différentes soient jouées « proprement », le changement de corde doit avoir lieu entre (et surtout pas pendant) le jeu de ces deux notes. Le mauvais réflexe à combattre est de commencer à jouer la deuxième note alors que l'archet n'est pas encore bien en place et immobilisé sur la corde.

    Toute la difficulté, surtout si les deux cordes ne sont pas consécutives (saut de corde), consiste à bien respecter les trois étapes :
    1. jouer la première note ;
    2. brièvement et silencieusement (sans bruit parasite) : immobiliser l'archet puis le placer (sans le soulever) sur la nouvelle corde ;
    3. jouer la deuxième note.
    On peut s'exercer, en cordes à vide pour commencer, à réaliser lentement ces trois étapes (éventuellement avec métronome : un bip pour chaque étape). Voir à ce sujet la vidéo didactique  de l'École de violon à distance de M. Gilles Rabinovitch. On pourra constater qu'on a plus de facilité à réaliser les changements de corde quand on utilise la moitié de l'archet talon-milieu.

     Dans ce cas comme dans de nombreux autres, tant que les bons réflexes ne sont pas acquis, la pensée doit précéder le geste que l'on veut réussir. Un « truc » auquel on doit s'efforcer de penser : toujours mettre l'archet en place sur la corde avant de tirer ou de pousser l'archet pour jouer la note, en veillant à ce que l'interruption du son soit la plus brève possible. S'exercer d'abord lentement avant de jouer au bon tempo.

    N.B. Le travail (assez difficile mais motivant) du 3e mouvement (presto) de la partition Violon 1 de « l'été »  d'Antonio Vivaldi nous paraît être un bon exercice.
    Violon 1 - Troisième mouvement : Presto - La 440 Hz
    Tempo 90 noires / minute.

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    Legato sur les quatre cordes


    Cet extrait de vidéo ci-contre ('Youtube') montre le mouvement du bras droit dans le cas d'un legato qui concerne les quatre cordes.

    Le coude droit prend quatre hauteurs différentes, selon la corde sur laquelle on doit jouer. Il s'agit d'un bon exercice que l'on peut faire en cordes à vide ou en montant et descendant une gamme.

    Voir aussi cette autre vidéo sur Youtube .

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    Plus subtilement, la vidéo ci-contre recommande de ne pas manier l'archet de la même façon quand on doit faire un mouvement descendant (du Sol au Ré ou du Ré au La ou du La au Mi) ou ascendant (du Mi au La ou du La au Ré ou du Ré au Sol) :

  • Dans le premier cas (mouvement descendant), c'est directement avec le coude qu'on change de corde.

  • Dans le second cas (mouvement ascendant), cette vidéo montre que le changement de corde se fait avec les doigts de la main, le coude s'élevant un bref instant plus tard, comme pour régulariser la situation.

  •  Tension de l'archet.
  • On la règle par action sur la vis (ou bouton). On recommande généralement quand on doit jouer de prévoir approximativement l'épaisseur d'un crayon entre la mèche et la baguette, là ou l'écart est le plus faible.

  • Toujours détendre la baguette après avoir joué.
  •           

     Point d'équilibre de l'archet.

  • Il est important de connaître (et de parvenir à percevoir intuitivement) l'emplacement du « point d'équilibre » de son archet. Cet emplacement est souvent appelé à tort « milieu ». Il serait préférable de l'appeler « centre de gravité ». Le point d'équilibre ne se confond pas avec le milieu de l'archet. Il se situe vers le tiers de la longueur de la baguette (en partant de la vis) mais cela peut varier sensiblement d'un archet à un autre. Pour le déterminer précisément, il suffit de saisir la baguette entre pouce et index et de rechercher l'emplacement où la baguette se maintient bien horizontalement.

  • La 5e étude du 3e cahier, par exemple, des études progressives de Pierre Doukan porte sur le sautillé d'archet. Dans les consignes d'exécution qui figurent en haut de la partition d'origine, le sautillé est défini ainsi : « coup d'archet produit par le rebondissement naturel de la baguette autour de son point d'équilibre (milieu) ». Dans la partition cahier03_exercice05.pdf que nous avons réécrite, nous avons supprimé le dernier mot (« milieu »).

  • La difficulté est de bien comprendre d'abord qu'il ne faut pas vouloir que l'archet quitte la corde. Il s'agit bien d'un « rebondissement naturel » ressenti comme involontaire par le violoniste : « ...l’archet ne quitte pas la corde (tout au moins volontairement) -- ce qui fait la différence avec le spiccato dans lequel l’archet tombe sur la corde puis se soulève entre chaque note (ce qui implique un tempo plus lent que pour le sautillé). » (www.aprlmusic.com)

  •  Ricochet. Sautillé.

  • On trouve sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_du_violon  quelques indications complémentaires :

    - On parle plutôt de ricochet (voir vidéo ci-contre) lorsque l'archet rebondit sur la corde plusieurs fois en un coup d'archet. La vitesse d'un ricochet est variable. Pour faire un ricochet lent, il faut lancer son archet à son point d'équilibre. Pour faire un ricochet plus rapide, il faut lancer son archet plus près de la pointe (comme sur la vidéo).

    - On parle plutôt de sautillé (ou saltato) quand l'archet, placé au « milieu » (point d'équilibre), se met naturellement à sautiller (à perdre brièvement le contact avec la corde) dès que l'on alterne tiré et poussé assez vite, et avec une pression plutôt faible de l'index.
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  • La vidéo ci-contre explique comment tenir l'archet pour faciliter l'obtention de ricochets : retenir que la main doit être tournée vers le 4e doigt (auriculaire) et non vers le 1er (index).
  • <object style="width:400px;height:280px"> <param name="movie" value="http://www.kiriasse.fr/flvplayer.swf?file=videos/tenue_archet_pour_ricochet.flv" /> <param name="quality" value="high" /> </object>

  • Un exemple pour le ricochet : cette vidéo  de Maxim Vengerov  jouant « La ronde des lutins » d'Antonio Bazzini , violoniste et compositeur italien (1818-1897). On pourra constater sur d'autres vidéos que le ricochet peut se faire plus près du talon (si l'on doit jouer plus fort ou plus rapidement) ou plus au milieu (si l'on doit jouer moins fort). Voir par exemple : Itzhak Perlman .

  •  À quel emplacement de l'archet doit-on jouer ?

    C'est une question importante. Il faut voir selon les passages à jouer. L'instinct musical et l'expérience (le travail) interviennent... Un bon professeur de violon nous a donné la réponse suivante, sous la forme de principes de base :
    • D’abord, la place d’archet est intimement liée à la nuance. Si l'on veut jouer fort, on sera d’autant plus volontiers vers le talon.

    • Ensuite, on sera plus à l'aise au milieu de l’archet si l’on doit jouer rapidement. Notamment pour le détaché, mais pas seulement. Par exemple pour les arpèges ou les gammes liées, et quand on a plusieurs changements de cordes pas très réguliers : il est toujours malaisé de jouer un arpège qui ne comporte pas le même nombre de notes sur chaque corde. Dans ce cas-là, être près du milieu au moment crucial de ces petits changements de cordes irréguliers est une aide appréciable. Cela peut demander de ne pas démarrer tout à fait du talon, ou d’allonger plus vite le début de l’arpège...

    • Enfin, pour tous les coups d’archet du style sauté, spiccato, sautillé..., la place de base est au centre de gravité. Mais on peut aller un peu vers le talon pour jouer plus fort, ou jusqu’à peu près au milieu pour jouer plus piano ou si l'on doit jouer plus vite.

    • Quant au jeu vers la pointe, on peut aussi y avoir recours souvent, d’une part pour les pianos, d’autre part pour des coups d’archet martelés (qu'on peut faire partout mais on est souvent plus vigoureux et plus net vers la pointe). Beaucoup de coups d’archet sont assez confortables vers la pointe. Et, au-delà du milieu, on a un jeu clair pour les détachés, ou les rythmes croche-deux doubles croches, si fréquents chez Vivaldi. Pour l'allegro de Fiocco, on est vraiment gauche près du talon. Il faut jouer au milieu ou au-delà, vers la pointe.

    • Observer et écouter de bons violonistes peut être très utile. Voir par exemple David Oïstrakh (variations sur un thème de Corelli, dans le style de Tartini) ou Itzhak Perlman (Allegro de Fiocco).
      N.B. On remarquera que l'archet de David Oïstrakh est ici très près (voire au-dessus) de la touche.