www.kiriasse.fr CONDITIONS GÉNÉRALES DE L'APPRENTISSAGE DU VIOLON
Peut-on, en France, apprendre à jouer du violon (ou se perfectionner) si l'on n'a pu, pendant l'enfance et/ou l'adolescence, pour une raison ou pour une autre, suivre la formation théorique et instrumentale, supposée efficiente, d'un conservatoire ?
(Voir change.org) 

[Dernière modification de cette page : dimanche 26 février 2017]
 
Recherchons bon violoniste bon pédagogue.
Voir petite annonce in fine 
   
Quel que soit l'objet d'apprentissage, tout « apprenant » doit nécessairement être autodidacte , c'est-à-dire se comporter essentiellement comme s'il était son propre professeur. Et, dans les faits, s'agissant de l'apprentissage du violon, si vous n'êtes plus un enfant ou un jeune adolescent, le système éducatif français (général et musical), ne vous laisse guère d'autre solution que le travail en autodidacte.
   
 En France, par rapport au nombre d'élèves de l'enseignement primaire et secondaire (écoles, collèges et lycées), le pourcentage des inscrits (tous instruments) dans un conservatoire ou une école de musique agréée est de l'ordre de 2% (estimation faite en 2001, et cela ne s'est certainement pas amélioré depuis).

 Comment (pour ne se préoccuper que de l'instrument qui est vraisemblablement parmi ceux des plus difficiles à maîtriser), apprendre à jouer du violon si, pour une raison ou pour une autre, on n'a pu, dans l'enfance ou l'adolescence, faire partie de cette affligeante minorité ?

 Au collège, à l'âge de l'enseignement obligatoire, il n'y a officiellement que deux heures hebdomadaires d'enseignements artistiques (dont une heure dite d'éducation musicale) qui servent de bouche-trous bien pratiques pour celui ou celle qui doit confectionner les emplois du temps.
 L'insuffisance notoire  de l'enseignement musical a vraisemblablement des conséquences insoupçonnées sur la formation générale. Voir « effet Mozart » :
 De façon plus générale, les liens entre musique et cerveau sont très méconnus. Écouter par exemple cette émission de France Musique du 12 septembre 2015, avec le neurologue Pierre Lemarquis :
 Voir aussi : Musique et mémoire .

L'apprentissage du violon est très difficile...

 Au point que l'on peut penser qu'il faut être un peu masochiste pour s'efforcer d'apprendre à jouer du violon. Les raisons profondes qui poussent à affronter les difficultés de cet apprentissage constituent d'ailleurs pour nous, encore à ce jour, un mystère mal élucidé...

« La route menant à la maîtrise du violon est longue et ardue et il faut beaucoup de persévérance pour en atteindre le bout » (Ivan Galamian, Enseignement et technique du violon ).
 
« Pour un nombre... élevé [des violonistes qui sollicitent mes conseils], le violon est... synonyme de souffrance... Ils (ces violonistes) développent... une relation triste et doloriste avec un instrument dramatisé à l'extrême... qui les enchaîne insensiblement dans une sorte d'esclavage... » (Dominique Hoppenot, Le violon intérieur ).
 
« Il faut un degré de maîtrise peu commun et qui ne supporte pas la moindre faille pour jouer avec exactitude et précision, pour assurer dans le temps d'un éclair la hauteur juste de la note, le volume du son et la conduite de l'archet, pour passer d'un frémissement à peine sensible au geste de grande envolée d'un joueur de golf... » (Yehudi Menuhin, L'art de jouer du violon ).

 Il se pourrait que ce qui anime, au plus profond, la plupart des apprentis violonistes de bonne volonté soit le sentiment que l'on doit nécessairement parvenir, dans un avenir indéterminé, à force de travail, à obtenir l'aisance et la sonorité dont tout violoniste rêve. « Labor omnia vincit ».

 Ami(e)s violonistes amateurs, ne nous décourageons pas et méditons (malgré l'immodestie ou l'inconscience qu'il faudrait avoir pour oser se comparer à un tel violoniste) cette humble déclaration (juillet 2000) de Renaud Capuçon  : « J'ai l'impression de juste commencer à sentir arriver le son dont je rêve, même s'il reste encore du chemin à parcourir. » (www.altamusica.com/entretiens ).
Voir des vidéos : Vidéo 1  - Vidéo 2 

 Mais l'erreur est certainement de croire que le travail consiste à répéter inlassablement sur l'instrument une même « gymnastique ». Comme si la cause des difficultés était surtout affaire de dextérité. Nous avons maintenant acquis la conviction que ce qui est fécond réside avant tout dans la pensée, la réflexion, la sensation (1) qui conduisent au geste précis et adapté couronné de succès. Tant que les bons réflexes ne sont pas suffisamment ancrés dans les habitudes, la fatigue produisant l'oubli d'une des règles qui doivent s'appliquer à la main droite ou à la main gauche peut produire une faute grossière dans l'exécution de la partition. Il est bon de se remettre de temps en temps ces règles en mémoire . Nous savons immédiatement, par exemple, que si la note obtenue en 1e position avec le 4e doigt est trop basse, c'est que nous avons vraisemblablement oublié de maintenir la main gauche à la bonne position sur le manche du violon... C'est un excellent indicateur de fatigue...
 
Il faut toujours se méfier de la fâcheuse tendance de la main à descendre. Autrement dit, le point de contact de l'index avec le manche tend à se déplacer plus haut sur l'index. Cela, en faisant varier de façon aléatoire la hauteur des doigts au-dessus de la touche et l'angle des doigts avec les cordes, empêche de jouer toujours bien juste. En particulier, pour ce qui nous concerne, pour assurer la justesse d'une note obtenue par le 4e doigt (en extension ou non), il nous faut bien veiller à la bonne position du point de contact de l'index avec le manche. Il faut donc s'efforcer de bien mémoriser la sensation du bon contact de la base de l'index avec le manche.
   
(1)  
« Ce qui prime n'est pas le côté physique du mouvement en tant que tel, mais le contrôle mental que l'on exerce sur lui. » (Ivan Galamian, « Enseignement et technique du violon »)
   
« Pour l'instrumentiste à cordes..., le son reste éminemment sensoriel, intéressant le toucher autant que l'oreille. » (Dominique Hoppenot, « Le violon intérieur »)

 Il faut travailler lentement, un peu tous les jours mais attentivement, en réfléchissant bien à ce que l'on fait (pose correcte des doigts, tenue de l'archet), en s'écoutant sans complaisance (mais sans exigence prématurée, excessive et décourageante) et en s'efforçant de retrouver et de reproduire les sensations tactiles et auditives associées aux effets positifs que l'on a pu repérer auparavant. C'est ainsi que l'on pourra espérer que le reste (beauté du son, rapidité...) sera peu à peu donné « par surcroît »...

 La technique de travail dite du « rond-point ». Un bon violoniste nous a un jour conseillé cette façon astucieuse de travailler : quand on arrive à un passage difficile, on peut ralentir le tempo et jouer plusieurs fois avec attention ce passage « en boucle », comme cet automobiliste qui, cherchant son chemin, doit tourner autour d'un rond-point...

 Quel que soit le niveau que l'on a pu atteindre dans la pratique de l'instrument, bien réfléchir à ce que l'on fait en le formulant le plus clairement possible nous apparaît au moins aussi bénéfique que de s'acharner à faire et refaire encore l'exécution plus ou moins mécanique d'un trait rapide, avec le risque de réitérer inconsciemment la même maladresse, génératrice de mauvais réflexes qui s'enracinent et peuvent conduire à l'échec et au découragement. Apprendre à bien réaliser un geste précis nécessite un processus dont les étapes indispensables sont pensée, verbalisation, geste.

 C'est pour toutes ces raisons que nous croyons utile, d'abord pour nous-même mais peut-être aussi pour tout alter ego qui nous ferait l'amitié de nous lire, de prendre le temps de rédiger et de mettre à jour de temps en temps le présent site internet.
  L'ensemble instrumental de Pézenas (Hérault), en 2007.


 Il faut surtout s'efforcer de mémoriser et de pérenniser les sensations kinesthésiques , tactiles et auditives efficientes afin de pouvoir les reproduire le plus sûrement possible dans des passages comparables de toute autre partition.
Voir : Geste, pensée anticipatrice et sensations auditives et tactiles dans l'apprentissage du violon 

 C'est en tout cas l'hypothèse que nous nous efforçons de soumettre au verdict des prochaines années à venir. Sans doute trop tardivement pour ce qui nous concerne... mais il paraît que l'espérance de vie  est de plus en plus longue. Et les recherches neurologiques qui sont à l'origine de la notion de « plasticité cérébrale  » laissent de l'espoir.
    Mais il faut quand même à l'apprenti violoniste plus tout jeune devenu arrière-grand-père une bonne dose d'optimisme volontariste. Dans un passé pas si lointain, on affirmait (avec, à l'appui, quelque schéma « scientiste  » des « localisations cérébrales  ») qu'on ne pouvait plus apprendre à jouer du violon après l'âge de l'enfance. Contre-vérité à rapprocher de ce qu'on appelle la « menace du stéréotype » . Prétendre que les filles sont moins aptes aux mathématiques que les garçons est peut-être (espérons-le) passé de mode. Mais on continue souvent à penser que, contrairement aux lecteurs de « Tintin et Milou » qui peuvent avoir entre 7 et 77 ans, apprendre à jouer du violon n'est plus possible si on a les cheveux blancs ou gris. S'il s'agit de « machisme »  dans le premier cas, il s'agit de « jeunisme »  dans le second.

    « Effet Pygmalion » et « effet Golem » 

    De telles affirmations laissent des traces négatives, sous forme d'idées reçues tenaces, préjudiciables, en raison de ce qu'on a pu appeler « l'effet Pygmalion » (plus exactement, en l'occurrence, « l'effet Golem ») ou « prophétie autoréalisatrice », au développement de la pratique de la musique en général et surtout du violon (et autres instruments de la même famille). La thèse selon laquelle ces idées reçues imprégneraient de façon délétère toute l'organisation de l'enseignement de la musique ne nous paraît pas insensée...


    À propos des « enfants prodiges ».

    Le battage médiatique autour de l'émission de télévision
    « Prodiges » , émission présentée comme « la première à révéler les jeunes talents du classique » n'est-elle pas de ce point de vue assez significative ? Mettre ainsi en exergue quelques « jeunes talents » permet-il de masquer que le nombre de personnes à qui il est donné (au moins en France) d'avoir accès à l'apprentissage de la belle musique est infime ? Citons aussi les « Eurochestries »  qui ont été créées afin, explicitement, de « promouvoir la pratique orchestrale des jeunes âgés de 15 à 25 ans ». Après 25 ans, plus d'« eurochestrie »... Ce néologisme invraisemblable n'a plus cours .

    RÉMINISCENCE...

    Puisqu'on est ici dans le domaine de l'art, entre physique et métaphysique, entre
    « sensible et suprasensible » , rappelons aussi que la possibilité d'accomplir dans une vie ultérieure ce que l'on n'a pu faire dans l'existence actuelle (hindouisme et bouddhisme , réminiscence platonicienne , mythe d'Er le Pamphylien , loi des cycles en théosophie , anthroposophie, réincarnation et karma , travaux de Ian Stevenson , ...) n'est pas écartée par tout le monde. Dans l'hindouisme , troisième religion la plus pratiquée, l'homme devient ce qu'il accomplit...

    À noter que la « réminiscence » peut être considérée sous deux aspects : la perception du souvenir plus ou moins fugace d'une vie antérieure mais aussi la préparation plus ou moins consciente d'une vie future. Le second aspect pourrait expliquer que l'on se donne tant de mal à acquérir des connaissances et des savoir-faire dont on sait qu'ils ont peu de chances d'être exploités au plus haut niveau dans l'existence actuelle.

    Plus prosaïquement (car on demeure quand même, là encore, dans un certain matérialisme), au cours d'une émission de France musique (22 septembre 2016), le violoncelliste Jean-Guihen Queyras  ne déclarait-il pas que sa vocation de musicien pourrait avoir été déterminée à l'état prénatal ?
Dans les faits...

 Trouver les conditions d'un bon apprentissage, quand on n'est plus un enfant ou un jeune adolescent et qu'on n'a pu, pour une raison ou pour une autre, suivre la formation (supposée efficiente) dispensée dans un conservatoire, relève véritablement de la gageure et du parcours du combattant. La plupart des violonistes amateurs que nous avons pu rencontrer, personnes de tout âge, souvent passionnées par leur violon et jouant comme « tuttistes » dans des orchestres amateurs, sont au mieux (quand ils ne se limitent pas à la première position) du niveau modeste du 2e cycle de conservatoire français, niveau que l'on peut, par commodité, appeler « niveau intermédiaire ». Ces personnes (dont la plupart prennent à prix d'or des leçons individuelles traditionnelles) ont bien du mal à progresser en raison de l'inexistence d’un enseignement véritablement adapté et d'un coût abordable qui pourrait leur être proposé...

Court extrait d'une émission de France musique du 5 décembre 2016.

 Les conditions de l'apprentissage du violon peuvent renvoyer à une réflexion à propos de la célèbre parabole des talents  dont une certaine interprétation (certainement contestable mais fréquente) conduit à ce qui a été appelé « l'effet Matthieu  » qui désigne les mécanismes par lesquels les plus favorisés tendent à accroître leur avantage sur les autres... « Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a ».

 L'explication est aussi plus prosaïque. Les mauvais pédagogues (pas seulement en musique) ont toujours tendance à expliquer les difficultés de leurs élèves par le fait que ces derniers ne seraient pas « doués ». Ils se dispensent ainsi de toute remise en question de leurs méthodes d'apprentissage... Ils sont incapables d'enseigner car tout se passe comme s'ils avaient (explicitement ou non) la conviction erronée que tout savoir et tout savoir-faire dont ils disposent eux-mêmes est de nature innée. Ils n'ont pas pris conscience de l'environnement socio-culturel plus ou moins favorable dont ils ont pu bénéficier ni des procédures par lesquelles ils ont dû passer au cours de leur propre apprentissage. Qu'aurait été Wolfgang s'il n'avait eu comme père Léopold Mozart , ou encore Antonio Vivaldi , « le prêtre roux », si son père Giovanni n'avait eu plus de goût pour la musique que pour son métier de barbier ?

 Nous soupçonnons par expérience la plupart des professeurs de violon qui proposent des leçons individuelles d'être dans l'incapacité d'imaginer et de comprendre qu'une personne qui peut éventuellement avoir des connaissances dans un tout autre domaine mais qui n'a pu bénéficier antérieurement d'une formation musicale sérieuse  puisse, en musique, ignorer ou sous-estimer l'importance d'éléments dont le caractère fondamental leur paraît par habitude élémentaire et relever de l'évidence. Surtout, ils ne sont pas habitués à distinguer dans ces éléments l'éventuelle contradiction qui peut constituer pour « l'apprenant » ce qu'on peut appeler un « obstacle pédagogique » ou (pour différencier pédagogie et didactique ) un « obstacle didactique  ». Nous pourrions donner de nombreux exemples de tels obstacles, tant pour la théorie musicale que pour la pratique du violon, obstacles qui freinent les progrès des « apprenants » et sont de nature à alimenter chez ces derniers une inquiétude permanente plus ou moins paralysante, souvent ignorée et/ou incomprise des « professionnels » de l'enseignement de la musique.

 Ces obstacles résultent souvent du vocabulaire musical  qui peut apparaître comme celui d'une langue étrangère posant un problème de logique. Voir « Pourquoi n'ai-je jamais rien compris au solfège ? » 

Un même mot peut avoir des significations différentes et prêter à confusion : le mot « liaison » par exemple peut désigner la liaison de prolongation  (ou liaison de tenue) ou la liaison d'expression  (ou legato).

Les quatre cordes du violon sont, de la plus grave à la plus aiguë, Sol, Ré, La, Mi. Comment expliquer que l'on ait appelé Mi la première corde et Sol la quatrième corde et non l'inverse ? Est-ce bien logique ? Si l'on demande à quelqu'un de citer les noms des sept notes de la gamme, la réponse sera-t-elle « Si La Sol Fa Mi Ré Do » ou « Do Ré Mi Fa Sol La SI » ?

Parvenir à se représenter en pleine et claire conscience que la « double croche » dure deux fois moins de temps que la croche alors que c'est le « demi-soupir » qui dure deux fois moins que le soupir va-t-il spontanément de soi ?

Et, quand on a admis et intégré cela, n'est-on pas tenté, par voie de conséquence, de donner par erreur   à la triple croche une durée... trois fois plus courte que celle de la croche ?

Et devoir nommer « huitième de soupir » le silence qui correspond à la « triple croche » ne nécessite-t-il pas une certaine réflexion passant par la prise en compte d'une règle mathématique selon laquelle le cube de 1/2 est égal à 1/8 ?

N.B. De ce point de vue, accessoirement, certaines interfaces (voir image ci-contre) du logiciel « Pizzicato professionnel  » que nous utilisons pour saisir des partitions et créer des fichiers audio peuvent être très utiles.
   

 Un autre exemple est peut-être plus parlant, pour nous-même en tout cas. Quand nous avons pu nous inscrire comme violoniste tuttiste dans un orchestre symphonique, après plus de quarante ans pendant lesquels (comme pour l'immense majorité des gens) aucun contact avec le solfège et le violon n'a été possible, nous avons constaté que nous nous retrouvions souvent, sans bien comprendre pourquoi, décalé par rapport à la battue du chef d'orchestre. Même quand nous redoublions d'attention. Après réflexion, nous avons trouvé la véritable (ou principale) explication : les barres de mesure étaient inconsciemment perçues comme des barrières faisant du contenu de chaque mesure une globalité indépendante de la mesure suivante et prenant fin au début du dernier temps. La durée du dernier temps de chaque mesure se trouvait ainsi souvent amputée inconsciemment. Comprendre cela était indispensable. Mais il restait à trouver le moyen permettant une « remédiation » afin d'acquérir le bon réflexe. Un ami nous a donné le conseil salvateur suivant, simple et efficace : pour une mesure à trois temps par exemple, ne pas compter mentalement « 1 - 2 - 3 » mais « 1 - 2 - 3 ET... ». Afin, on l'aura compris, de laisser au dernier temps sa durée correcte avant de passer au premier temps de la mesure suivante. Ainsi, l'erreur que nous commettions a pu donner lieu à un processus correctif fécond. C'est ce que l'on appelle quelquefois la « réhabilitation de l'erreur » : l'erreur n'est pas inutile si elle peut donner lieu à une prise de conscience et à une réflexion aboutissant à son élimination. Quelle que soit la discipline, le bon professeur sait qu'arrêter « l'apprenant » quand il se trompe (et éventuellement sanctionner son erreur par une mauvaise note), sans aucune suggestion de « remédiation », ne sert à rien (et est même contre-productif).

 L'écriture, inhabituelle, de certaines partitions peut déconcerter et poser problème.
Par exemple, la 14e étude du 3e cahier  des études progressives de Pierre Doukan utilise une façon particulière d'écrire une suite de doubles croches. Pour pouvoir être jouée, la ligne du haut (les trois premières mesures de la partition) doit être lue comme la ligne du bas.
    Le passage de la lecture de la ligne du haut à l'exécution de celle du bas exige une opération mentale qui peut se révéler peu aisée (surtout si l'on doit respecter le tempo assez rapide de 120 noires par minute). D'ailleurs, pour pouvoir faire jouer cette partition par un logiciel de musique tel que celui que nous utilisons (« Pizzicato professionnel » ), il est nécessaire de saisir toute la partition selon la façon explicite de la ligne du bas. C'est la condition pour obtenir des enregistrements MP3 de travail comme ceux donnés ci-contre.
    Doukan - Cahier 3 - Étude 14
    (La 442 Hz, Tempo de travail de 56 noires / min.)
    (La 442 Hz, Tempo de 120 noires / min.)

    Si l'on doit jouer au violon la partition écrite à la façon de la ligne du haut, il faut nécessairement trouver ce qui s'apparente à un « truc », une « astuce », mais qui est en réalité un véritable « algorithme »  facile à mémoriser et permettant de ne pas se tromper :

    Penser en jouant « [La-Sol-La-Sol]-[La-Sol-La-Sol] »
    (sans oublier que le Sol est dièse).
    Penser en jouant « [Do-Si-Do-Si]-[Do-Si-Do-Si]-[Do-Si-Do-Si] »
    (sans oublier que le Do et le Si sont dièses).

    Les enfants, dès qu'ils savent marcher et chanter, comprennent très bien, même s'ils peuvent ignorer ce terme, ce qu'est un algorithme : « Marcher, c'est mettre un pied devant l'autre et recommencer ». 

    N.B. On peut peut-être aussi s'aider en prononçant mentalement, rythmiquement, le nombre de fois qui convient, l'expression « qua-tre-dou-bles », expression mnémotechnique faite de quatre syllabes correspondant aux quatre doubles croches d'un temps.

 Le travail du rythme peut en effet être facilité par des exercices très astucieux et efficaces que nous avons découverts un peu par hasard sur Internet : qu'aucun des professeurs de violon auxquels nous avons eu recours, ayant constaté nos difficultés dans ce domaine, n'ait jugé utile de nous en parler n'est-il pas surprenant ?
    Pour l'essentiel (pour plus de détails, voir « Travail rythmique » ), cette méthode de travail (souvent associée au nom de Maurice Martenot  et de ses sœurs) permet de créer des automatismes indispensables. Elle consiste, en lisant sa partition (avant même de la jouer au violon), à prononcer (à voix haute ou intérieurement), des expressions mnémotechniques  comme « ron-de-lon-gue » pour une ronde, « blan-che » pour une blanche, « noir' » pour une noire, « croch' » pour une croche, « tri-o-let » pour un triolet, « sau-te » pour une croche pointée suivie d'une double croche (ou une noire pointée suivie d'une croche), « 2-croch' » pour deux croches, « qua-tre-dou-bles » pour quatre doubles croches, « chut » pour un silence, etc.



    [Ci-dessous, enregistrement de Mme Barbara Roussel, professeur de piano.]
    Le fichier rythmes.html  regroupe quelques autres enregistrements de rythmes à travailler. Quand on a bien mémorisé les expressions mnémotechniques présentées dans ces enregistrements, on peut très facilement les réutiliser pour la plupart des partitions que l'on peut avoir à travailler.

    • Cependant, si les enregistrements de Mme Roussel sont bien faits et utiles, ils font malheureusement l'impasse sur bien des cas, ce qui est très regrettable. Le petit livre « Lire le rythme » (collection Music en poche ) semble plus complet mais n'est pas facilement utilisable (euphémisme qui signifie en clair qu'il ne sert à rien pour un apprenti musicien autodidacte) faute d'enregistrements audio. Les auteurs de ce petit manuel auraient été bien inspirés s'ils avaient prévu de le compléter par un fichier html comparable au fichier rythmes.html . C'est pourquoi nous avons intégré à notre page 'travail_rythmique.html'  un accès à des MP3 correspondant aux exercices de ce petit livre.

    N.B. Le travail, par exemple, de la 13e étude du 3e cahier (voir partition ) des études progressives de Pierre Doukan permet de mettre en application un certain nombre de ces procédés mnémotechniques : « qua-tre-dou-bles » (mesures 2, 4, 5...), « sau-te » (mesures1, 3, 5...), « tri-o-let-tri-o-let » (mesure10), etc.

    Cahier 3 - Exercice 13.
    (La 442 Hz, 66 noires / min.)
 Toutefois, cette méthode ne convient pas au cas des mesures à deux temps en C barré (2/2) pour lesquelles l'unité de temps est la blanche et non la noire. On trouvera sur la page 'charpentier.html'  des sugestions d'autres procédés mnémotechniques adaptés.

 Les aberrations pédagogiques que nous évoquions plus haut ne se se rencontrent pas seulement dans l'enseignement de la musique. Elles sont manifestations plus générales de pièges qui guettent tout un chacun. Elles ne sont pas sans nous rappeler des souvenirs de notre vie professionnelle...
  • Quand nous enseignions en Afrique noire, dans les années 1960, au temps de la coopération, certains collègues alimentaient un invraisemblable comportement relevant au fond des mêmes errements. Ils ne prenaient pas conscience que la plupart de nos élèves de sixième qui avaient très souvent dépassé largement l'âge considéré comme normal en France et qui venaient d'une petite école de brousse puissent ignorer, sans être inintelligents, des choses qui pouvaient être évidentes aux petits écoliers français dès le cours préparatoire. L'exemple le plus parlant et qui nous apparut assez cruel est la dictée choisie par un professeur de français, dictée dont le titre était : « Jour de neige ». Cette dictée, accompagnée de questions sur la grammaire et sur le sens, devait entrer largement en compte pour la décision du passage dans la classe supérieure. Après cette épreuve (c'était vraiment une épreuve), nombre d'élèves étaient venus nous trouver (parce que nous étions à leurs yeux celui, qui en qualité de professeur chargé de l'enseignement des sciences, devait pouvoir les éclairer) pour nous demander de leur expliquer ce qu'était la neige. Il avait fallu leur montrer un certain nombre de diapositives pour qu'ils reconnaissent (sans grande conviction d'ailleurs), que cette histoire de « blanc manteau » n'était pas qu'une... « histoire de Blancs », c'est-à-dire une invention diabolique destinée à faire échouer à leur examen de passage de jeunes Africains qui ne pouvaient évidemment connaître que le climat tropical et l'alternance de la saison des pluies et de la saison sèche...

  • Plus généralement, peut-on tenir compte d'une réalité dont on ne peut avoir aucune expérience ? Cette question, cette prise de conscience devrait être en arrière-plan de toute action pédagogique. Quand un élève ne connaît pas la raison d'un phénomène, il l'invente. L'exemple assez banal souvent évoqué est celui des îles : les jeunes enfants pensent souvent que les îles flottent sur la mer et il n'est pas très facile d'éradiquer de leur esprit cette conception erronée. L'histoire des idées de l'humanité révèle de telles erreurs (« L'ontogenèse récapitule la phylogenèse » ). La terre, centre du monde, la génération spontanée...

  • De telles explications erronées ne se rencontrent donc pas seulement chez les enfants. On se réfère souvent à ce que l'on croit vrai, par analogie trompeuse et improbable avec un élément de son expérience. Par exemple, on voit et on entend souvent écrit et prononcé « opprobe » le mot « opprobre »  (du latin opprobrium, de probrum, action honteuse). Cela peut s'expliquer par une référence insensée aux mots « probe » (du latin probus, de bonne qualité, honnête, vertueux) ou « approbation » (du latin approbatio, assentiment, agrément), plus souvent utilisés.
    En musique, le violoniste amateur qui n'a pu se remettre que très tardivement à son violon s'est surpris en constatant qu'il devait corriger des fautes (de solfège ou de pratique de l'instrument) qui s'expliquent par des raisons comparables...
 
  • Un autre souvenir, moins ancien : dans les années 1980, l'usage de l'ordinateur dans les collèges se répandait. Certains professeurs, tout à fait inexpérimentés en la matière, nous ont demandé d'organiser dans l'établissement un « stage d'initiation à l'informatique ». Un formateur du C.R.D.P. (Centre Régional de Documentation Pédagogique ) de l'académie, spécialiste en informatique, est donc arrivé un jour avec un matériel assez impressionnant : un ordinateur par stagiaire, un ordinateur avec dispositif de projection sur écran... Ce formateur, sûr de lui, avait bien préparé son intervention qu'il avait déjà répétée dans d'autres collèges... Au moment de la pause, je me suis rendu dans la salle et j'ai demandé à l'une des stagiaires, professeur dans l'établissement, si tout allait bien. Elle m'a alors fait part de son désarroi : « la souris que l'on a mise à ma disposition ne fonctionne pas », me dit-elle. Je lui ai demandé de me montrer comment elle procédait et j'ai pu constater qu'elle cliquait en utilisant non pas le bouton gauche de la souris mais le bouton droit (qui, sur les ordinateurs en usage à cette époque, n'avait aucun effet). J'ai pensé que ce « spécialiste », drapé dans l'assurance de ses compétences techniques, manquait à l'évidence de l'essentiel : le bons sens pédagogique. Pour lui, le maniement de la souris était devenu un réflexe et il avait oublié comment il l'avait acquis. Le choix spontané malheureux du bouton droit constituait, pour certains professeurs de mon collège, un réel et compréhensible « obstacle » que ce « formateur » ne soupçonnait même pas...
 
 En France, on peut à tout âge (et tout en exerçant par ailleurs une profession), avec ou sans l'aide du C.N.E.D. (Centre national d'enseignement à distance), préparer le baccalauréat ou le D.A.E.U.  (Diplôme d'accès aux études universitaires). On peut s'inscrire dans une université (certaines organisent des formations à distance  avec regroupement d'étudiants en cours d'année), s'initier à des connaissances ou des savoir-faire aussi divers que la philosophie ou la programmation, devenir ingénieur en s'inscrivant par exemple aux cours du soir du C.N.A.M.  (Conservatoire national des arts et métiers)... Nous avons pu nous-même commencer des études universitaires à l'âge de 27 ans puis, plus tard, nous inscrire dans d'autres universités afin de terminer une licence puis une maîtrise. Et, quelques années avant la retraite, nous avons pu obtenir ce qu'on appelait un D.E.A.  (de didactique des disciplines scientifiques). Nous étions inscrits à la préparation d'un doctorat quand... l'heure de la retraite a sonné, un peu plus tôt que prévu, ce qui nous a permis de retrouver enfin notre violon qui avait survécu dans sa boîte à nombre de pérégrinations...

 Mais, pour l'apprentissage du violon, c'est une autre histoire. Il ne faut pas s'étonner qu'il soit si difficile de trouver quelques violonistes et autres instrumentistes amateurs pour monter un petit orchestre  ou organiser un stage de formation ... Le nombre de personnes qui ont pu apprendre à jouer d'un instrument de musique (surtout violon et autres instruments du quatuor à cordes) est très faible. Cela rejoint nos souvenirs d'enfance et de jeunesse : nous avons toujours été le seul élève, dans notre école primaire puis dans notre collège (que l'on appelait alors « cours complémentaire ») à apprendre à jouer du violon et cela n'a guère changé. Jeune appelé sous les drapeaux, nous avons pu comparaître devant un officier qui envisageait de créer un orchestre. Nous avons dû jouer au violon devant un aréopage de gradés un morceau de notre choix. Constatant l'apparente satisfaction des auditeurs, nous avons cru que notre candidature serait retenue. Mais ce projet d'orchestre d'appelés du contingent a fait long feu : nous étions le seul violoniste du régiment ! En France, si l'on n'est plus un enfant ou un très jeune adolescent, l'inscription dans un conservatoire de musique, qu'il soit national, régional ou communal (on dit superbement maintenant, apparemment sans ironie : « à rayonnement »  national, régional ou communal) (2) devient impossible, sauf rares exceptions. Et, dans ces cas exceptionnels, il s'agit de leçons individuelles traditionnelles ayant lieu dans les murs du conservatoire plutôt que d'une formation bien structurée conforme à un cursus que l'on pourrait qualifier de « normal ». On répond généralement au candidat « adulte » (terme très souvent utilisé dans l'enseignement musical, ce qui en dit déjà long sur une certaine forme d'ostracisme qui y sévit) qui désire s'inscrire (ou se réinscrire) qu'il n'y a pas (ou plus) de place pour lui parce qu'il faut « donner la priorité aux enfants ».

(2)      On ne parle plus de « succursales », comme au XIXe siècle !
 Cette réponse qui nous a été donnée (« il faut donner la priorité aux enfants ») pourrait être mieux comprise si elle aboutissait à un résultat satisfaisant pour les jeunes. Mais on pouvait lire encore récemment sur un site apparemment disparu, celui du DRAPOS  (« Développement, Rayonnement des Pratiques Orchestrales Scolaires ») : « En 2001, on comptait en France 244 228 élèves dans les CNR [Conservatoire National de Région] , écoles de musique nationales ou municipales agréées. Si on rapproche ce nombre d'élèves de celui communiqué par le Ministère de l'Education Nationale pour la même période (12 135 000 élèves, du primaire à la terminale dans le secteur public) on obtient une proportion de 2,01 % de jeunes musiciens ». On pouvait lire aussi que ce très faible pourcentage a encore baissé après 2001. Et combien de violonistes parmi ce petit nombre de jeunes musiciens ? Et combien trouvent-ils, devenus « adultes », la possibilité de pratiquer leur instrument et de progresser ?
    N.B. Il semble que le site du DRAPOS réapparaisse sous un nouvel avatar (au bon sens, souvent méconnu, de ce mot ). Voir : http://orchestre-ecole.over-blog.com . On peut y lire (mars 2015) : « Nombreux sont les encadrants des classes orchestres à rencontrer des problèmes importants lors des missions qu'ils endossent. Malgré les progrès des enfants, les avancées évidentes de ceux qui se trouvaient en situation d'échec, beaucoup d'autorités rechignent à mettre à disposition le minimum vital. Tout devrait donc s'arrêter... Il arrive alors que les combattants de terrain avancent, malgré tout, simplement pour ne pas laisser tomber les enfants, parce qu'ils croient en cette cause si importante ».

    Extrait d'une émission de France musique au sujet des classes orchestres...
 Notons à l'attention de nos lecteurs (mais il faut évidemment être parisien) que l'orchestre « Viva l'orchestra » de Radio France recrute des musiciens amateurs de tous âges et de tous niveaux. Il est précisé que tous les candidats ne sont pas retenus. Voir 'www.maisondelaradio.fr/article/viva-lorchestra-2017-recrute' .

 Et rappelons aux Audois et autres Languedociens l'existence de l'orchestre symphonique « Ponticello » de Narbonne qui accueille des musiciens amateurs, violonistes en particulier. Voir 'musique-et-partage.sitego.fr/orchestre-symphonique-de-narbonne--ponticello-.html' .


INSUFFISANCE DE L'ENSEIGNEMENT ARTISTIQUE

 De façon plus générale, l'enseignement artistique dans notre pays est d'une insuffisance notoire qui aura toujours étonné l'écolier, le collégien, le lycéen, l'instituteur, le professeur, le principal de collège que nous avons successivement été. La musique est généralement perçue comme une matière sans grande importance. Dans les collèges, à l'âge de l'enseignement obligatoire, il n'y a
officiellement  que deux heures hebdomadaires d'enseignements artistiques (dont une heure dite d'éducation musicale) qui servent de bouche-trous bien pratiques pour celui ou celle qui doit confectionner les emplois du temps  sans pouvoir se soucier véritablement de la chronobiologie et de la chronopsychologie selon lesquelles on ne peut pas faire n'importe quoi n'importe quand.

 Il en résulte que la plupart des Français sont de complets illettrés dans le domaine de la musique. On s'émerveille (en oubliant qu'il est le fils et l'élève de Léopold , compositeur renommé, musicien et violoniste) de la précocité de Mozart qui écrivait à l'âge de six ans ses premières compositions musicales mais on ne s'étonne pas (étonnante incohérence), que la plupart des enfants du même âge, qui ne bénéficient pourtant que d'une année de « cours préparatoire », sachent lire et écrire en français.

 Un jeu télévisé appelé « Mot de passe  » (jeu présenté comme « faisant intervenir la mémoire, l’imagination, la rapidité, la culture générale... ») est souvent assez révélateur des carences musicales de nos compatriotes. Il s'agit de faire trouver un mot à une personne en lui donnant des termes successifs pouvant la mettre sur la voie. La plupart des candidats sont incollables quand il s'agit de trouver le nom d'un footballeur exotique mais c'est souvent assez navrant quand il s'agit de musique. Un exemple anecdotique(3) mais significatif (septembre 2014) : il s'agissait de faire trouver le mot « violon ». On suggère au candidat (vraisemblablement au moins bachelier) le mot « stradivarius » puis « cordes ». Sans succès.
    (3) Autre anecdote (pour le plaisir) : les personnes qui aiment faire des « mots fléchés » savent sans doute qu'il est fréquent de constater qu'une définition n'est pas adaptée au mot qu'il faut trouver et il peut être intéressant, à chaque fois, de se demander pourquoi, dans la mesure ou cela peut révéler des conceptions erronées.
    Exemple (qui concerne le domaine de la musique) : dans une grille, une définition donnée est « adeptes du piano » et le mot indiqué en solution est « lents »... Nous ne voyons qu'une explication : confusion entre nuance  (intensité du son) et tempo .
    Ce qui n'est pas sans nous rappeler un certain chef d'orchestre qui reprochait légitimement à notre groupe de musiciens de jouer plus lentement alors qu'il fallait jouer moins fort : decrescendo  ou diminuendo  n'est pas rallentando  ou ritardando  (quelquefois écrit ritardendo ).
    Le proverbe italien « Chi va piano va sano e va lontano » se traduit, littéralement, par : « Qui va doucement va sainement et va loin ».
    « Piano » et « doucement » ne signifient pas « lentement » et « lontano » signifie « loin » et non pas « lentement ».

 Une telle insuffisance notoire (c'est un euphémisme : on devrait plutôt parler « d'absence ») de l'enseignement de la musique a vraisemblablement des conséquences insoupçonnées sur la formation générale, même pour ceux et celles qui ne souhaiteront jamais apprendre à jouer d'un instrument de musique. Elle est une véritable carence culturelle qui nuit au développement profond de la personnalité. Le statut invraisemblable donné dans notre pays à l'apprentissage de la musique repose sur un certain nombre d'« idées reçues ». Par exemple, l'irritante distinction qui est faite généralement (en donnant plus ou moins au mot « amateur » le sens péjoratif d'amateurisme) entre « musiciens professionnels » et « musiciens amateurs » (comme si tous les musiciens qui font de la musique pour « gagner leur vie » étaient nécessairement ipso facto touchés par la grâce et musicalement irréprochables), entre les apprentis musiciens qui sont des enfants et ceux qui sont des « adultes », n'a aucune réalité essentielle : fondamentalement, l’acte cognitif efficace ne diffère pas avec l’âge de « l’apprenant ». Ni d’ailleurs avec l’époque dans l’évolution de l’humanité (selon une formule savante déjà citée, « l’ontogenèse récapitule la phylogenèse », y compris sur le plan de la connaissance).
    Une autre anecdote : dans les années 80, quand les ordinateurs sont apparus dans les collèges, certains professeurs du collège où nous exercions disaient haut et fort (encore une idée reçue fréquemment exprimée) que les jeunes élèves révélaient des aptitudes à l’apprentissage des « nouvelles technologies » que des personnes plus âgées n’avaient pas. En fait, les jeunes ne s’embarrassent généralement pas spontanément à essayer de comprendre ce qu’il faut faire, ils sont impatients de faire et opèrent par « essais et erreurs ». Une fois ça marche et on croit devoir s’émerveiller de leurs capacités. Une autre fois ça ne marche pas et il faut une intervention extérieure… C’est pourquoi l’ordinateur du CDI (Centre de Documentation et d’Information) tombait régulièrement en panne et il nous revenait de le remettre en service plusieurs fois par semaine…
 Nous savons par expérience et en toute logique qu'il n'y a aucune différence de compétence par exemple entre un professeur de collège ou de lycée qui a terminé ses études universitaires à l'âge de 20 ou 25 ans et un autre qui a fait les mêmes études plus tardivement. Par analogie, si toute personne motivée, quel que soit son âge et quelle que soit sa profession, pouvait s'inscrire dans un conservatoire et y passer des examens reconnus au plan national sanctionnant une formation musicale et instrumentale, il n'y aurait à terme plus aucune différence de niveau entre un « musicien professionnel » et un « musicien amateur » et la musique en sortirait bénéficiaire. On ne pourrait plus entendre des propos condescendants comme, par exemple, ceux prononcés par le pianiste
Nelson Goerner  qui, invité sur France musique de l'émission « La matinale du 9 septembre 2016 », expliquait en gros aux auditeurs que l'interprétation d'une sonate de Beethoven par un « bon amateur » ne saurait être comparée à ce que peut produire un pianiste professionnel.
 La musique est partout . Elle sert à communiquer, tout comme le langage, mais avec plus de couleur émotionnelle. Elle est langage universel. Elle est à la fois création, œuvre d'art, représentation, mode de communication... Elle aurait un effet bénéfique sur l'acquisition de compétences même non musicales. Ce qui n'assure cependant pas à tout diplômé d'un conservatoire de musique une maîtrise irréprochable de la langue française : voir, par exemple, cette petite annonce  .
Priver une immense majorité de personnes d'un enseignement musical sérieux pourrait avoir une part de responsabilité non négligeable dans l'échec scolaire, en particulier pour les jeunes qui appartiennent à un milieu socio-culturel défavorisé. Une émission de France musique (samedi 14 mars 2015), émission appelée « La matinale du samedi » et intitulée « Musique et cerveau », évoquait cela : on appelle « effet Mozart » le fait que la musique aurait un effet positif sur l'acquisition et le développement de compétences relevant de la cognition générale. On peut écouter ci-dessous un passage de cette émission :

Une autre émission intéressante de France Musique (12 septembre 2015) avec le neurologue Pierre Lemarquis :

Duduk       Tarentelle 

 De façon plus banale, dans la vie de tous les jours, n'est-il pas étonnant que la plupart des gens ne soient pas plus attentifs à « la musique des mots » ? Pour donner un exemple particulièrement irritant, on entend trop souvent (émissions de radio ou de télévision) le mot « gageure  » prononcé de façon erronée.
Et là ou le mot « gageure » conviendrait très bien, on préfère utiliser l'anglicisme « challenge  », prononcé le plus souvent de façon ridicule avec un horrible accent qui se veut anglo-américain (alors que ce mot anglais vient lui-même de l'ancien français).
Signalons aussi le cas de la prononciation du mot « Bruxelles ». Abandonner l'horrible prononciation [bruksel] pour adopter la prononciation [brussèl] (comme le chantait le regretté Jacques Brel) serait sans doute apprécié de nos amis belges.

Et que dire des liaisons incorrectes qui peuvent provoquer de fâcheux contresens ? Écouter par exemple ci-dessous un extrait de la conférence (voir la vidéo sur Youtube ) intitulée « L'atonalisme et après ? », conférence (très intéressante dans son ensemble) donnée le 20 décembre 2012 au collège de France par Jérôme Ducros , pianiste et compositeur français.

 Pour ce qui nous concerne, pendant toute la durée de la vie dite active, aucune possibilité sérieuse qui nous aurait permis de nous remettre au violon un peu pratiqué dans l'enfance et l'adolescence (et cela grâce à un concours de circonstances exceptionnel) ne s'est présentée et, après le départ à la retraite, pendant une quinzaine d'années, plusieurs initiatives pour mettre en place des solutions d'apprentissage adaptées se sont révélées globalement plutôt décevantes.

 Les leçons individuelles traditionnelles apparaissent, en France, dans l'immense majorité des cas, comme la seule possibilité d’apprentissage (ou de réapprentissage) du violon. En fait, elles sont onéreuses (au moins 30 € pour une heure) et (sauf peut-être exceptions que nous n'avons pas rencontrées) ennuyeuses et peu utiles (4).
 Nous avons fait nous-même appel, depuis que nous nous sommes remis à notre violon, à plusieurs professeurs successifs. Tout se passe (que l'on nous pardonne ce qui peut apparaître comme une « diatribe » mais qui relève de notre expérience vécue) comme si ces professeurs étaient, probablement inconsciemment, « formatés » pour procéder tous de la même façon : pendant la durée de sa présence, le professeur fait preuve d'attention envers la personne qui a recours à ses services mais il ne juge pas nécessaire (ou en tout cas s'en abstient) de préparer réellement ses leçons ni d'élaborer ce qui nous apparaît indispensable : une progression prévisionnelle qui devrait être communiquée explicitement par écrit dès la première séance (elle pourrait être remaniée par la suite si nécessaire). Des leçons individuelles performantes nécessiteraient autre chose qu'une simple présence, même attentive. Elles exigeraient du professeur un travail important en amont, une préparation réfléchie des leçons successives qui s'inséreraient alors dans une progression prédéfinie constituant un véritable projet pédagogique mettant « l'apprenant » « en perspective ». Alors que, généralement, cette « préparation » ne consiste guère qu'à choisir au jour le jour une partition (sans même vraiment donner clairement les critères, les intentions pédagogiques, qui peuvent justifier ce choix) et à remettre à l'apprenti violoniste un exemplaire plus ou moins raturé et même parfois illisible  de cette dernière.

 Nous avons pu constater aussi, avec regret et une certaine surprise, que (sauf le recours, peu fréquent d'ailleurs et d'utilité contestable, à la « webcam » évoqué plus haut) les moyens mis en œuvre pour l'enseignement du violon n’ont guère évolué depuis notre enfance (5), il y a plus d’un demi-siècle, époque où la technologie ne permettait guère d’imaginer des outils permettant à l'apprenti violoniste de s'auto-contrôler. Absence par exemple d'enregistrements magistraux audio et vidéo qui sont pourtant devenus très faciles à réaliser. Certains professeurs (rares cependant, heureusement) contestent même l'utilité d'un accordeur électronique ... C'est ignorer que la pédagogie du professeur vaut surtout ce que vaut l'aide que les outils qu'il propose sont en mesure d'apporter à « l'apprenant » quand ce dernier se retrouve seul, confronté à son travail, c'est-à-dire la plupart du temps (voir tout_apprenant_est_autodidacte.html ).
    (5)  Par parenthèse, cela laisse penser que beaucoup d'eau passera à Prague sous les ponts de la Moldau  (Vltava) avant que le remplacement des partitions imprimées sur papier par des partitions sur tablette numérique  (ou support technique comparable) ne se généralise. Mais c'est une autre question et il n'est pas certain qu'il faille s'en plaindre, car la lecture d'une partition sur un tel outil peut ne pas être très commode quand on n'a plus la vue que l'on pouvait avoir dans sa jeunesse... Des considérations économiques peuvent aussi intervenir (chiffre d'affaire des éditeurs)... Et sans doute faut-il distinguer le cas de la musique professionnelle et celui de l'apprentissage...

 Dans ces conditions, les violonistes amateurs qui n'ont pu, avant leur entrée dans la vie active, suivre la formation (supposée efficiente) d'un conservatoire de musique doivent se débrouiller comme ils le peuvent. Le travail en autodidacte complété par une participation, si elle est envisageable (éloignement, coût) à des stages collectifs et à un orchestre ou groupe instrumental peut apparaître comme une solution. Mais en fait, ce que nous avons pu constater, c'est que les musiciens qui, dans les orchestres amateurs, jouent le mieux sont ceux qui ont eu une formation en conservatoire dans leur enfance et leur adolescence et qui ont renoncé à devenir musiciens professionnels (souvent, de leur propre aveu, parce qu'ils ont eu envie de gagner correctement leur vie).
  • Pour des débutants (ou des personnes qui, après une interruption plus ou moins longue, désirent redémarrer en revoyant sérieusement les bases techniques), les cours téléchargeables , remarquablement bien faits, de « l'École de violon à distance »  de M. Gilles Rabinovitch, violoniste professionnel et professeur de violon (qui a dirigé à Pézenas , en juillet 2011, des stages de violon  de qualité) sont recommandés.
       Un certain nombre de vidéos de « l'École de violon à distance » peuvent être visionnées sur Youtube .

  • Pour des violonistes amateurs de « niveau intermédiaire » (c'est-à-dire ni complètement débutants ni virtuoses), il n'existe malheureusement pas, à notre connaissance, de cours à distance, en français, adaptés et vraiment utiles (5).

    Le présent site internet conseille aussi à ces violonistes amateurs de travailler en autodidactes (ce que nous nous efforçons de faire nous-même, en adoptant la méthode de travail « artisanale » décrite plus bas), dans l'ordre, jour après jour, les études progressives de Pierre Doukan  (6) (qui fut professeur de violon au conservatoire national supérieur de musique de Paris). Nous suivons en cela son avis : « Il est toujours mieux de très bien jouer des études faciles en apparence que de réaliser médiocrement des œuvres difficiles ». Un violoniste professionnel, M. Pierre-François Truys  nous a aimablement adressé le message suivant : « Ancien élève de Pierre Doukan, les "études progressives" sont un des outils privilégiés de mon enseignement ».

         
    (5) Des cours de violon en ligne sont cependant apparus en février 2015 chez 'imusic-school'  (site francophone, comme son nom horrible ne l'indique pas) mais ces premières leçons ne s'adressent pour le moment qu'à de complets débutants et, très impersonnelles, elles ne nous paraissent pas d'utilisation très commode.

     
    L'idéal serait de trouver un bon violoniste, soucieux de pédagogie, pouvant se charger (avec notre aide bénévole éventuelle) d'un cours de violon progressif à distance comme celui que nous appelons de nos vœux.
    Voir 'http://www.kiriasse.fr/#COURS_A_DISTANCE' 

         
    (6) Le travail, étude après étude, des carnets de Pierre Doukan n'est pas sans nous rappeler des souvenirs d'enfance : rendons ici hommage (non sans une certaine émotion), au professeur de violon qui nous a initié jadis à cet intrument en nous faisant découvrir, page après page, la « Grande méthode complète de violon de F. Mazas » , méthode également progressive dont nous avons pu, avec plaisir, retrouver un exemplaire d'occasion (daté de 1911) sur Internet. Malheureusement, les pages en sont jaunies et souvent annotées, griffonnées à la main de façon confuse, et il est très difficile en les scannant de recréer des partitions imprimées de travail bien lisibles. Les études progressives de Pierre Doukan (qui n'existaient évidemment pas dans notre enfance) sont aussi préférables en raison de leur niveau technique qui devient rapidement supérieur à celui de la méthode Mazas.

    Ces études de Pierre Doukan font l'objet de 14 cahiers. Les dix premiers contiennent chacun 20 études et les quatre derniers cahiers contiennent chacun 15 études. Soit 260 études au total. De quoi s'occuper... Mais on peut dans une première étape (qui peut demander plusieurs années) se contenter du travail des sept premiers cahiers. Et, à notre avis, il ne faut pas attendre de réussir à jouer de façon impeccable une étude pour décider de travailler la suivante (7). Quand on a travaillé le mieux possible deux ou trois cahiers, on peut ensuite les reprendre à partir du premier d'entre eux. On pourra alors certainement constater des progrès, réalisés selon une lente maturation plus ou moins inconsciente (« il faut laisser du temps au temps »).

         
    (7) Citation à méditer (que l'on attribue à l'abbé Pierre) : « Il ne faut pas attendre d'être parfait pour essayer quelque chose de bien ».

    Au début de chaque étude figurent des conseils d'exécution (que l'on peut, pour soi-même, modifier ou compléter quand cela apparaît utile). La progressivité de ces études laisse espérer que ce qui est difficile aujourd'hui deviendra abordable demain et que les techniques ainsi pratiquées seront réinvestissables pour d'autres partitions. Ajoutons que, dans cette compilation (qui offre une progression que l'on peut toujours critiquer mais qui a au moins le mérite d'exister), les études choisies sont classées par ordre de difficulté et par point technique (ce qui dispense de la recherche fastidieuse et aléatoire d'études adaptées -- dont le choix et la succession seraient d'ailleurs certainement également contestables).

     La méthode de travail « artisanale » que nous suggérons, accessible sans frais importants à toute personne sachant utiliser de façon élémentaire un ordinateur facilite le travail attentif en autodidacte des études de Pierre Doukan (et éventuellement d'autres partitions). Elle permet surtout un autocontrôle (pour ce qui est primordial : déchiffrage, rythme, justesse). Cette façon de travailler nous a apporté personnellement une aide très intéressante pour le travail des partitions de l'orchestre symphonique amateur  que nous avons pu fréquenter avec assiduité pendant plus de sept années. Cette méthode prévoit de réaliser deux outils :

      1) Des partitions de travail au format PDF, annotées le plus soigneusement possible (8) et imprimables sur feuilles A4. Comme nous l'expliquons à l'adresse partition_sur_cd.html , nous utilisons un logiciel de traitement de texte (Microsof Word) et un logiciel de traitement d'images (une ancienne version devenue gratuite de Paint Shop Pro qui est très facile à utiliser). Les annotations (conseils d'exécution, coups d'archet, doigtés, positions...) peuvent être modifiées quand cela apparaît utile (9) et donner lieu à une nouvelle impression aussi nette que la précédente, en bannissant ces irritants griffonnages au crayon qui rendent les partitions confuses voire illisibles pour tout apprenti violoniste encore insuffisamment expérimenté.

        (8) En particulier, prendre la peine de relier d'un petit trait rouge les notes pour lesquelles les doigts doivent être collés l'un à l'autre (ou placés au même niveau sur la touche si les cordes ne sont pas consécutives) se révèle très efficace pour l'acquisition de la justesse, non seulement pour la partition que l'on est en train de travailler mais aussi pour celles à venir.

        La localisation judicieuse de ces « petits traits rouges » ne va pas toujours de soi. Elle demande à l'apprenti violoniste, même non vraiment débutant (surtout quand il s'agit de notes jouées sur deux cordes différentes), un travail de réflexion préalable qui peut paraître assez fastidieux mais dont il ne doit surtout pas faire l'économie. On peut en effet en espérer qu'il permette de créer peu à peu les automatismes indispensables (réinvestissables pour d'autres partitions), automatismes qui devraient finir par rendre inutile cette étape laborieuse.
        Voir par exemple la 9e étude du 3e cahier  (essentiellement en 3e position).

        N.B. Quand il n'est pas possible de relier deux notes par un « petit trait rouge », il peut être utile de noter en rouge (en caractère plus petit) le doigté de la note qui n'est pas jouée.
        Voir par exemple la 2e note (Si bémol) de la 4e mesure de la 11e étude du 3e cahier  (Du mécanisme).


        (9) Citons Ivan Galamian (Enseignement et technique du violon, page 57) : « Je crois beaucoup à la nécessité de varier les doigtés, de les changer de temps à autre... Je suis sûr qu'en se rodant bien aux changements de doigtés et de coups d'archet pour se libérer des schémas établis, le violoniste verra son approche mentale du jeu gagner en souplesse et en liberté ».
      2) Des fichiers audio MP3 qui peuvent être gravés sur CD audio. Pour la réalisation de ces MP3, un logiciel de musique est nécessaire : nous utilisons « Pizzicato professionnel  » en nous contentant des procédures les plus simples (qui sont suffisantes). Pour la gravure sur CD, il faut un autre logiciel : nous utilisons le logiciel gratuit « CDBurnerXP  ».
             
      Exemple : étude n°3 du 3e cahier des études progressives de Pierre Doukan.
      Partition de travail  annotée, au format PDF, imprimable sur feuilles A4.
      - Enregistrement MP3 obtenu avec le logiciel « Pizzicato » (simulation du son du violon, 442 Hz, 92 noires / min).

     On peut aussi s'enregistrer soi-même  en utilisant un simple dictaphone.


     
    PETITE ANNONCE

    La méthode de travail évoquée ci-dessus rend service mais elle a évidemment ses limites. Le travail en autodidacte des études de Pierre Doukan pourrait être plus approfondi (techniquement et musicalement : maîtrise des différents coups d'archet, recherche d'un son de qualité, nuances...) si l'apprenti violoniste disposait de vidéos didactiques (qu'il pourrait revoir et écouter autant de fois qu'il le souhaite) réalisées et commentées oralement en français par un violoniste confirmé, bon pédagogue. Ce violoniste pourrait s'inspirer par exemple de cette vidéo  (spiccato) ou encore de cette autre vidéo  (maniement de l'archet).
          
    Recherchons  bon violoniste, bon pédagogue, pouvant réaliser en français et proposer à la vente des vidéos didactiques portant (en tout ou partie) sur les études progressives de Pierre Doukan, vidéos destinées à aider des violonistes amateurs francophones désireux de progresser. Le lieu de résidence de ce violoniste est indifférent (contact par courriel).
    N.B. Chaque vidéo, après paiement à leur auteur, pourrait être accessible par téléchargement sur Internet ou envoyée à chaque demandeur en pièce jointe à un courriel. On pourrait aussi envisager de créer un CD qui serait envoyé par la poste.

    annonce 'gratuitannonces.fr' 
    annonce 'soundnconnection.com' 
 
    Malheureusement, jusqu'à présent, personne n'a pu ou voulu donner suite à la sollicitation présentée ci-dessus.

    On n'a vraisemblablement toujours pas compris (outre l'intérêt commercial légitime que cette suggestion pourrait à notre avis présenter pour des professeurs de violon qui se limitent par tradition à des leçons individuelles coûteuses et inefficaces qui, apparemment, n'ont même pas l'avantage de les enrichir) que ce qui manque avant tout à des violonistes amateurs francophones motivés qui ne sont plus des enfants, qui savent lire et réfléchir, c'est un ouvrage sérieux, en français, traitant des techniques du violon et renvoyant à des documents didactiques audio et surtout vidéo.

    À notre connaissance, il n'existe dans le genre que le livre d'Ivan Galamian  dont le titre est « Enseignement et technique du violon  », livre très intéressant et très utile mais dont la présentation, plusieurs décennies après la disparition de son auteur, mériterait d'être modernisée, afin d'en faire un outil efficace.

    Mais la vraie question est la suivante : a-t-on vraiment envie d'aider des personnes à qui le système éducatif officiel (enseignement général et enseignement musical) interdit depuis l'enfance (et encore davantage après l'enfance) tout accès un peu sérieux à l'apprentissage de la musique ?